‹ Études sur la paroleChapitre 7 sur 126 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

de rafraîchissement universel pour le monde au dehors, ^t, si l'homme demeurait dans l'état où il avait été créé , des rapports bénis avec Dieu dans cet état : — telle était la position du premier Adam dans l'innocence.

Afin qu'il ne fût pas seul , mais qu'il eût une aide^, une compagne , une autre jouissance d'affection, Dieu forma, non pas un autre homme, car alors l'homme n'eût plus été un centre , maisde l'homme lui-même Dieu forma sa femme, afm que leur union fût aussi intime et aussi absolue que possible , et qu'Adam demeurât chef et centre de tout. En outre , il la reçut de la main de Dieu même. Telle était la nature dont l'homme était entouré : celle' que Dieu reconnaît toujours et contre laquelle l'homme ne pèche jamais impunément. Quoique le péché ait souillé et gâté tout cela, c'est le tableau de ce que Christ, l'Église et l'univers seront, lorsque tout sera rétabli en puissance par l'homme obéissant. Jusqu'ici tout était innocence sans connaissance du mal.

Au chap. III , nous trouvons , hélas ! ce qui a toujours eu lieu chez l'homme : la désobéissance et la chute , la subtilité de l'ennemi caché de nos âmes, la défiance qu'il inspire à l'homme à l'égard de Dieu ; l'injure complète faite à la vérité et 9 l'amour divin ; les convoitises, la désobéissance , l'attrait des affections naturelles sur l'homme , la

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conscience de la nudité et de Timpuissance , les efforts pour se cacher à soi-tnéme cette nudité ; la frayeur de Dieu qui porte à se cacher de Lui , l'impossibilité d'y réussir ; la disposition à se justifier , aux dépens des autres et même de Dieu , de ce dont on est soi-même coupable; et puis , non la bénédiction ou le rétablissement de l'homme, non des promesses qui lui soient faites , mais le jugement porté sur le serpent , et dans ce jugemant la promesse faite au second Adam , homme vainqueur, qui en grâce doit naître du sein de la faiblesse et de la chute. Cest, en effet, la semence de la femme qui doit écraser la tête du serpent.

Remarquez combien la chute de l'homme et sa séparation d'avec Dieu sont complètes. Dieu l'avait abondamment béni ; Satan lui suggère l'idée que Dieu lui refuse les bénédictions les plus excellentes, et cela par un esprit de jalousie , de peur que l'homme ne soit semblable à Lui. L'homme se confie à Satan , comme étant rempli de bonté pour lui, plutôt qu'à Dieu, qu'il juge selon le mensonge de l'adversaire. Il croit Satan r,omme véridique au lieu de Dieu , quand Satan lui dit qu'il ne mourra point , tandis que Dieu lui avait dit qu'il mourrait; et, pour satisfaire ses convoitises, il rejette le Dieu qui l'avait béni. Nous verrons , dans le Nouveau Testament , avec quelle plénitude , à tous ces mêmes égards , le Seigneur Jésus

CHAPlTItE III Si

a glorifié Dieu et s'est conduit d'une manière en toutopposée à Adam. Nous pouvons remarquerencore qu'il agit ainsi pour s'exalter lui-même , pour être comme Dieu par usurpation; précisément comme le Christ , qui par contre étant dans la gloire divine, ne regardait point comme une usurpation d'être égal à Dieu , naais il s'est anéanti lui-même pour se rendre semblable à l'homme , et est devenu obéissant , au lieu de désobéissant, jusqu'à la mort. Remarquez enfin combien les efforts que l'on fait pour cacher à soi-même son propre péché, apparaissent vains, dès que la présence de Dieu est là. Adam , qui avait couvert sa nudité , parle de lui-même , en la présence de Dieu , tout comme s'il n'avait rien fait pour la couvrir. Il en est de même de tous nos efforts pour justifier ce qui doit cacher notre péché ou prouver notre justice. De plus, l'homme s'enfuit de devant Dieu , avant même que Dieu, dans sa justice, le chasse de sa présence et le prive de sa bénédiction. Il faut une œuvre et une justice de Dieu pour couvrir la connaissance du bien et du mal dans la désobéissance. Comme représentant delà race, Adam n'a point de promesses; il n'y en a point pour le premier Adam ; elles sont toutes dans le second Adam, la semence de la femme. Ce qui suit est le résultat présent de la chute , quant au gouvernement de Dieu,, la sentence, quant au temporel , prononcée sur Adam et sur

ââ GENÈSE

la femme , jusqu'à ce que la mort , sous la puissance de laquelle ils étaient tombés, s'emparât d'eux. Dieu pourtant les revêt d'un vêtement pour couvrir leur nudité, vêtement qui avait son origine dans la mort qui avait fait son entrée dans le monde, mais maintenant dans,la mort d'autrui comme substitut, mort qui cachaft par conséquent les effets du péché qui lavait introduite. L'homme n'était plus nu, ni à ses propres yeux ni aux yeux de ceux qui le regardaient : Dieu luimême l'avait vêtu.

Adam reconnaît que la vie subsiste encore et que Eve est la mère de tous les vivants ( ténioignage obscur , il est vrai, mais réel de sa foi , ce me semble ). Mais il est justement chassé du jardin, pour qu'il ne puisse pas perpétuer ici -bas une vie de misères et de douleurs. Le chemin de l'arbre de vie est dorénavant inaccessible à l'homme selon la nature comme créature de Dieu.

Après la chute , s'opère la séparation entre la race de Dieu et celle de l'ennemi , entre celle dû monde et celle de la foi. Abel vient comme coupable et incapable de s'approcher de Dieu , et en mettant la mort d'autrui entre lui et Dieu. Il reconnaît le jugement du péché , a foi dans l'expiation. Caïn , travaillant honnêtement là où Dieu l'avait mis pour cela, extérieurement adorateur du vrai Dieu, n'a pas la conscience du péché: il apporte les fruits mêmes qui sont signes de la

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