‹ Études sur la paroleChapitre 82 sur 126 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

en toutes ces choses est la vie de TEsprit; » même alors qu'elles sont Feffet d'un châtiment, ce qui n'est pas toujours nécessaire. Mais s'il y a de l'interdit cache, s'il y a de l'infidélité envers Jésus, inaperçue peut-être de l'homme , et que Dieu applique l'épreuve ; si l'on s'est laissé aller aux appâts de celui qui a l'empire de la mort, et que la sainte puissance de Dieu s'occupe de la mort et vienne se mettre en rapport avec cette puissance de l'ennemi : le mal caché est mis à découvert, la chair est atteinte, sa pourriture et son impuissance sont manifestées, quelque bçUes que soient au reste ses apparences. Mais si elle est exempte d'infidélité, l'épreuve n'a qu'un résultat négatif; elle montre que l'Esprit de sainteté ne trouve rien à juger, lorsqu'il applique la mort, selon la sainteté de Dieu. Dans l'offrande sans huile ni encens, la fename se place devant Dieu selon le jugement que Dieu a porté sur le péché, dans sa sainteté et sa majesté , quand Christ a été fait péché pour nous. Le péché confessé n'a jamais cet effet, car la conscience en est purifiée par Christ. C'est l'infidélité du cœur d'Israël, de l'Église à Christ, dont il est ici question.

L'Église ferait bien d'apprécier jusqu'à quel point elle s'est donnée à un autre. Assurément, il en est parmi ses membres qui ne l'ont pas fait de cœur. Si Christ ne découvrait pas l'iniquité et ne la faisait pas juger, il s'identifteraW,, \iwi\ «v\ii\

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dire, avec Tiniquité de Tépouse et en serait souillé (?ers. 31). C'est pourquoi il le fera certainement. Ce qui se dit ici de FÉglise peut être dit également de chacun de ses membres. 11 est évident en outre qu'il est en ce moment question de la marche ici-bas, et non du salut. La marche dans le désert est au reste le sujet de ce livre.. Mais remarquons aussi que Fâme ou TÉglise peut, à d'autres égards, montrer un zèle, un dévouement extraordinaires, qui ne manquent pas de sincérité, tandi qu'elle tombe dans une faute qu'elle se cache jusqu'à un certain point à elle-même. Mais rien n^ peut contre-balancer l'infidélité à son mari.

Le Nazarien nous présente un autre caractère qui se rattache à la marche de l'Esprit ici-bas, le dévouement spécial à Dieu. On se vouait à Lui. Christ en est l'exemple parfait. L'Église devrait marcher sur ses traces. Les cas d'appel spécial à se dévouer au Seigneur rentrent aussi dans cette catégorie.

Trois choses y étaient attachées. Le Nazarien ne devait pas boire de vin ; il devait laisser croître ses cheveux, et il ne devait pas se souiller pour les morts. Le vin désignait la joie attachée aux plaisirs de la société qui réjouissent le cœur qu s'y abandonne : « Le vin qui réjouit le cœur d Dieu et de l'homme. » Christ était séparé de cetf joie par son vœu : « Je ne boirai plus, dit le Se gneur, de ce fruit de vigne , \\isç\ji'au \our que

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le boirai nouveau avec vous dans le royaume de mon Père, » Il se séparait en effet de ces entretiens que , tout misérables qu'étaient les siens , son amour l'avait porté à désirer d'avoir avec eux. « J'ai ardemment désiré, avait dit Jésus, de manger cet agneau de Pâque avea vous. » Aussi devait-il renier les affections naturelles, parce que la consécration de Dieu était sur sa tête. «Qu'y a-t-il entre toi et moi, dit le Seigneur à sa mère. » Ce n'est pas qu'il n'eût pour elle la plus tendre affection ; mais maintenant il était séparé de tout pour être à Dieu.

En second lieu, le Nazarien laissait croître ses cheveux : c'était se négliger, en s'abandonnant à la volonté de Dieji, faire abnégation de sa dignité et de ses droits comme homme ; car la longue chevelure marquait, d'une part la négligence de sa propre personne , et de l'autre l'assujettissement , le pouvoir sur la tête \ 'C'était la consécration à Dieu dans l'abandon de la joie, de la dignité et des droits naturels de l'homme, l'homme étant considéré comme centre des affections qui lui sont propres, et cela pour être entièrement à Dieu. L'homme a sa place comme le représentant et la gloire de Dieu, et, dans cette place, il est entouré d'une foule d'affections , de joies et de droits qui ont en lui leur centre. Il peut abandonner cette

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place pour le service spécial de Dieu, vu que te péché est entré en toutes ces choses, qui, bien loia d*être mauvaises en elles-mêmes, sont au contraire bonnes à leur place. C'est ce que Christ a fait. Devenu Nazarien, il n'a pas pris sa place d'homme, ses droits de fils d'homme ; mais, pour la gloire d( Dieu, il s'est assujetti à tout, soumis à tout ce qn( réclame cette gloire. Il s'est identifié avec le résidi du peuple pécheur qu'il aimait, et il est devenD^m étranger aux enfants de sa mère. Il ne faisait rierK^^ qui ne lui fût prescrit; il vivait de la parole qui sortait de la bouche de Dieu; il se séparait tous les liens de la vie humaine pour se dévouei à la gloire, au service de Dieu et à son obéissance.^ Si, dans Tamour des siens, il a trouvé quelque consolation qui n'a pu être que bien petite et biei». pauvre, il a dû y renoncer également, et à cet égard comme aux autres, devenir dans sa mort entièrement Nazarien, seul dans sa séparation à Dieu. L'Église aurait dû le suivre ; mais, hélas ! elle a bu de la cervoise ; elle a mangé et bu avec les ivrognes ; elle s'est mise à battre les domestiques de la maison !

Le fidèle peut être appelé à se renier lui-même, par le renoncement pour le service précieux de son Sauveur à des choses qui ne sont pas mauvaises en soi . Mais cet acte s'accomplit intérieurement : « Les Nazariens étaient plus blancs que la neige, » ait Jérémie. Le dévouement est intérieur-

GBAPITRE VI SI 5

Il convient ici de considérer ce à quoi Ton s'expose quand. on manque à cette séparation.

S'est-on dévoué au Seigneur d'une riftinière qui lui soit agréable, la jouissance accompagne ce dévouement dans la mesure du témoignage qui lui est rendu. Dieu est avec son serviteur selon son appel ; mais c'est un secret entre son serviteur et lui, bien que les autres en voient les effets extérieurs. A-ton manqué à cette séparation, tout est à recommencer. L'influence divine et la puissance dans l'œuvre sont perdues. On peut être bien à d'autres égards, se lever comme Samson pour se secouer; mais on a perdu sa force, sans le savoir. Dieu n'est plus avec vous. Le cas de Samson est un cas extrême, mais solennel; car il ^e peut que notre force nous ait placés en présence du mal, et alors, si Dieu est avec nous, sa gloire magnifique se manifeste; mais s'il n'y est pas, l'ennemi a la triste occasion de se glorifier au sujet de celui qui fut longtemps connu comme un champion de Dieu, et en apparence au sujet de Dieu lui-même. Dans cette seconde alternative, le secret intérieur, layraie force de la séparation à Dieu, sont perdu s V

Prenons garde, dans les choses ordinaires, au premier pas qui nous séparerait de la sainteté intérieure. Si la grâce nous a appelés à une séparation pour un service extraordinaire en quoi que ce soit , préservons-nous de to\x\ \s^asNQ^^

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quelconque d'obéissance à la parole de la croix, par laquelle nous sommes crucifiés au monde, au péché et à la loi * .

Ordinairement, le Nazarien infidèle revient par le sacrifice de Christ à sa séparation^; il est de nouveau consacré à Dieu. Mais tout ce qui nous met en rapport avec le péché produit son effet sur notre Nazaréat. Nous perdons la puissance attachée à la communion de Dieu et à la présence * spéciale de FEsprit avec nous, quelle que soit la mesure dans laquelle cette puissance nous ait été accordée. Hélas ! le temps qui a précédé est perdu. 11 nous faut recommencer. C'est encore une grande grâce , que tout privilège de servir Dieu ne soit pas ôté ; aussi y a-t-il quelquefois des effets de notre infidélité qui subsistent, lorsque la puissance nous est rendue; Un Samson aveugle a dû se tuer en tuant ses ennemis. 11 nous appartient, dans tous les cas , de reconnaître immédiatement notre souillure, d'aller à Christ, et de ne point prétendre être Nazarien extérieurement, lorsque nous ne le sommes pas aux yeux de Dieu. Rien de plus périlleux que le service de Dieu , quand la conscience n'est pas pure. Toutefois, souvenonsnous toujours que nous sommes sous la grâce.

Cette séparation et ce renoncement ne sont pas

^ Ce sont les trois choses auxquelles la croix est appliquée dansVÉpitre aux Galates,

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