CHAPITRE XI
sont les murmures du peuple. Il se plaint de la fatigue , là où Dieu lui cherche un lieu de repos. Dieu les châtie ; humiliés , ils crient à Moïse , et, sur son intercession y le châtiment est ôté ; mais leur cœur demeure éloigné de TÉternel, et séduits par le peuple mélangé qui les accompagnait et à qui Canaan n'offrait pas un lieu de promesse, ils sont ennuyés de la manne. Que de fois Christ, pain de vie , ne suffit pas à un cœur éloigné de la communion de Dieu ! Le cœur cherche ailleurs sa nourriture ; il a besoin d'autre chose ; il se souvient de ce dont la chair jouissait dans le monde , en même temps qu'il oublie l'esclavage dans lequel il y était retenu. Dieu leur accorde l'objet de leurs désirs ; au lieu d'être honteux , quand ils voient que Dieu a également le pouvoir de les satisfaire dans le désert, ils se jettent sur les cailles , et la colère de Dieu tombe sur ce méchant peuple.
Moïse, fatigué du peuple comme d'un lourd fardeau , se plaint à son tour de sa position glorieuse. Dieu allège le poids de sa charge, mais ce n'est pas sans le reprendre , et II lui adjoint soixante-dix personnes pour l'aider à la porter. L'Esprit de Dieu agit chez deux d'entre eux, lors même qu'ils ne se présentent pas pour le recevoir là où est Moïse ; ils prophétisent dans le camp. Josué , jaloux de la gloire de son maître , veut qu'on les en empêche. Mais si Mo\s>^ , m^^"^^
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de porter le poids de sa gloire , a dû là partager avec d'autres , et jusqu'à un certain point en perdre une partie , du moins laisse-t-il voir dans cette circonstance le fond de grâce qui se trouvait -r en lui. Il ne porte pas envie à ceux qui prophé- — tisent dans le camp.
« Plût à Dieu , dit-il , que tous fussent pro — phètes ! »
Il y a quelque chose de bien beau dans Tes— prit dont était animé ce serviteur de Dieu. AïK reste , quelles que soient ses ordonnances , Die la est souverain dans les dispensations de son Esprit.
Après cela , car quelle forme la rébellion ne doit-elle pas revêtir ! Marie et Aaron parlent contre Moïse. C'est la prophétesse et le sacrificacateur , double caractère du peuple de Dieu , qui s'élèvent contre celui qui est roi en Jesçurun, avec qui Dieu parle en intime ami. En ceci , Moïse est à tous égards type de Christ , qui est personnellement en dehors des droits que la grâce a conférés au peuple. Fidèle "et homme de confiance dans toute la maison de Dieu , il jouit de ses entretiens intimes. Marie et Aaron auraient dû avoir de la crainte. L'excuse des deux rebelles , c'est que Moïse avait une femme Éthiopienne , signe béni pour nous de la souveraineté de la grâce , qui a introduit dans la bénédiction de Christ ceux qui n'y avaient aucun droit. Le peuple de Dieu , quels que fussent ses prinléges ,
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aorait dû reconnattre cette souveraiiMé. Israël n'a pas voulu , et il a été frappé de lèpre. Toutefois , c'est dans son caractère de témoin ou prophète, qu'il subit ce châtiment. Aaron rentre dans sa position d'intercesseur , et parle humblement à Moïse : figure , je le pense , de l'humiliation d'Israël , qui aura pour le fond la Valeur de l'intercession de Christ s'identifiant avec la position du peuple. La réponse de Dieu est que Marie soit humiliée et châtiée, mise pour un temps hors de relation avec Lui , après quoi elle y sera réintégrée. Le peuple attend sa réintégration. Souvenons-nous que l'Éternel rappelle ici ce fait, que la position la plus glorieuse pour Moïse se rapporte au temps où il était séparé du peuple. Le peuple ne l'avait que trop oublié. L'Église, de son côté , quand elle se prévaut , dans la pensée de se rendre spirituelle , de sa gloire et de sa position de prophète et de sacrificateur ( caractères qui lui appartiennent effectivement ) , pour méconnaître les droits de Christ, roi en Jesçurun, ayant autorité sur la maison de Dieu , a lieu de considérer si elle ne se rend pas coupable de la rébellion dont nous parlons ici. Pour ma part, je le crois.
Vient ensuite le mépris du pays désirable. J'attirerai ici l'attention du lecteur sur quelques points mentionnés à ce sujet dans d'autres endroits de la Bible.
L'Éternel a amené le peuple jusqu'à la frontière ; Moïse lui dit de monter. Le peuple propose d'envoyer des espions ; Moïse y donne son consentement. Il parait que Dieu Ta sanctionné; ils y sont allés selon la parole de l'Éternel. Mais c'est la faiblesse et le manque de foi du peuple, qui en ont fait la demande. Il y a bien des choses que Dieu commande et que nous sommes tenus de faire , du moment qu'elles sont l'objet d'un commandement de sa part , et dans lesquelles ses voies finissent par se montrer, auxquelles toutefois notre manque de foi donne lieu* La conséquence en est que le résultat confirme, abondamment la foi des fidèles , du résidu ; mais l'infidélité moissonne ce qu'elle a semé. C'est ce qui a lieu ici. En premier lieu, le rapport fait à Moïse est dans un bon esprit ; mais les difficultés se présentent sur-le-champ , et l'incrédulité les considère en rapport avec l'homme , au liett de les mettre en rapport avec Dieu. Les témoins puisent leurs paroles dans l'incrédulité du peuple. Puis ils en viennent à déclarer que le pays même est mauvais, et finissent par «e justifier en s© plaignant de Dieu. Car maintenant ce n'est plus Moïse qui les a conduits ici , c'est Dieu lui-même ; ils l'en accusent. En outre , ils s'acharnent contre ceux dont le fidèle témoignage reprend leur incrédulité. Là-dessus , Dieu lui-même intervient. Ils vont enfin être traités selon leur foi ; ils périront