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LÉSIONS DES PAROIS DES TUBES

Des faits assez nombreux, que nous étudierons plus tard, permettent de penser que l’épaississement de la paroi amorphe des tubes est une conséquence de l’irritatior lente des épithéliums de revêtement, mais on peut également soutenir que les agents irritants agissent directement sur elle.

Dans les néphrites suppurées, les cloisons des tubes urinifères sont facilement détruites : les phénomènes histologiques qui se passent autour des tubes sont très comparables à ceux que l’on voit au voisinage de la capsule de Bowmann. Les cellules lymphatiques s’infiltrent entre les tubes, les enflamment, et il arrive un moment où les parois sont détruites. L’épithélium se trouve alors directement en contact avec l’infiltration embryonnaire, il tombe en désintégration et est résorbé.

Enfin ces parois sont également atteintes assez fréquemment dans la dégénérescence amyloïde. Elles s'infiltrent de cette substance et peuvent acquérir une épaisseur considérable. Le revêtement cellulaire ne participe pas, dans la majorité des cas, à cette dégénérescence ; il offre presque toujours un état granulograisseux et le fusionnement des cellules que nous avons indiqué plus haut. ‘

Nous avons étudié jusqu'ici les modifications pathologiques des cellules des tubes urinaires, celles de leur paroi hyaline et les exsudations qui peuvent se faire, dans leur intérieur. Nous pouvons maintenant envisager les altérations que subissent les tubes urinifères dans leur ensemble, dans leurs diamètres et dans leurs formes.

Les tubes urinifères peuvent être uniformément distendus, c'est ce qui arrive dans la rétention d'urine et dans l’infiltration urineuse de tous les éléments du rein qui en est la conséquence. Mais dans les premières périodes de la distension mécanique des tubes, qui suit la rétention d’urine, la dilatation est beaucoup plus marquée sur certains systèmes tubulaires que sur d’autres, ce qui est probablement en rapport avec une moindre résistance des parois de certains tubes, car dans le cas précédent la distension agit sur toute l'étendue des tubes urinifères.

Dans lesnéphritesavecexsudationsabondantes, la distension ne porte guère que sur la région du labyrinthe, la seule qui ait un rôle actif. La distension des tubes contournés est souvent très prononcée ; on en juge facilement sur des coupes trans-

versales du labyrinthe vues à un faible grossissement; les tubes apparaissent alors sous forme de cavités circulaires ou irrégulièrement ellipsoïdes dont la paroi est relativement mince. La distension peut donner à ces tubes un diamètre de quatre à dix ou quinze fois plus considérable qu’à l'état normal. Souvent les tubes excréteurs n’ont subi aucune distension, ils conservent leur calibre normal et même, si la pyramide est congestionnée, ils apparaissent comprimés latéralement.

La dilatation des tubes, au lieu d’être générale comme dans le premier cas, ou limitée au système des canaux contournés comme dans le second, peut être localisée et partielle. C'est ce que l’on peut observer dans les néphrites chroniques avec tendance à l’atrophie du rein. La cause de la dilatation se trouve presque toujours alors dans un point situé (par rapport au courant urinaire) au-dessous du point dilaté. Le tube rétréci sur un point de son parcours, se laisse distendre en amont par l'urine ou par les produits de sécrétion. Cette rétro-dilatation remonte quelquefois jusqu’à la cavité glomérulaire qui se laisse distendre sous forme de kyste. Le glomérule est alors refoulé contre la paroi dans un point quelconque où on le retrouve en voie d'atrophie.

On observe alors la même série de phénomènes que dans la rétention d'urine par obstruction de l’uretère, avec cette différence qu'une seule partie du tube urinifère est distendue; la portion située au-dessous du rétrécissement étant généralement affaissée, quelquefois même atrophiée si l’obstruction est complète.

Pour que la rétro-dilatation du tube s’étende jusqu'au glomérule et que la capsule de celui-ci se laisse distendre, plusieurs conditions paraissent indispensables.

D'abord, il est nécessaire qu'entre le point rétréei et le glomérule, le tube soit complètement libre. Si l'on suppose en effet qu'il existe un second rétrécissement sur le même tube, audessus du premier et à peu de distance, le retentissement sur l’appareil glomérulaire sera beaucoup plus lent; tandis que la portion du tube urinifère située entre deux rétrécissements pourra devenir le point de départ d’un kyste qui aura de la tendance à s’isoler de plus en plus des organes avec lesquels il est en communication.

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