‹ Études sur la pathologie du reinChapitre 57 sur 94 · Parror, l’Athrepsie · texte numérisé non relu

Parror, l’Athrepsie

de Bellini ne contenaient pas de graisse, tandis qu'il y en avait de nombreuses granulations dans ceux du rein droit, où la circulation s’accomplissait normalement.

€ L'hémorrhagie interstitielle du rein et l’hémorrhagie des capsules surrénales sont des complications possibles de la thrombose veineuse. »

La plus grande ressemblance existe entre ces lésions signalées par Parrot et celles que détermine la ligature expérimen- tale et complète de la veine rénale. Il est à remarquer que Par-

rot, dans sa description, ne signale pas la production d’hémorrhagies dans l’intérieur des tubes à la suite de la thrombose rénale. Il s’est servi de ce signe négatif pour établir une différence fondamentale entre les lésions de la thrombose rénale et celles qu'il a désignées sous la rubrique de éubulhématie. Mais les faits observés depuis le travail de Parrot ne permettent pas de maintenir l'expression de tubulhématie : on ne doit pas la considérer comme une lésion sui generis: tout au contraire, l’hémorrhagie à l’intérieur des tubes du rein est un phénomène assez ordinaire. |

L'obstruction complète et rapide de la veine émulgente, qu’elle soit due à une ligature ou à une coagulation intraveineuse, entraine donc à sa suite toute une série d’altérations absolument distinctes de celles que nous observons dans la congestion rénale chronique.

De plus, si au lieu de sacrifier l’animal, et d'enlever le rein quelques minutes après la ligature de la veine, on recoud la plaie, et si on examine le rein quelques jours ou quelques semaines après l'opération, ainsi que l'ont fait Buchwald et Litten‘, voici ce que l’on observe : la circulation artérielle se supprime dans certaines parties du rein, dans d’autres points il existe de petits foyers hémorrhagiques qui dissocient les tubes.

Au bout de quelques jours, le volume du rein est moins considérable, cette diminution de volume s’accuse de plus en plus, il en résulte qu'au bout de quatre ou cinq semaines on trouve l'organe pâle, ratatiné, considérablement atrophié. Certaines parties de la substance corticale (la zone moyenne) présentent

1. Bucawazp et Lrrren, Ueber die Structurveranderungen der Niere nach Uuterbindung ihre Vene. Virchow’s Archiv., t. LXVL.

une calcification assez avancée, même chez le lapin. Arrivées à ce degré, les altérations rénales se rapprochent beaucoup de celles que l'on observe à la suite de la ligature de l’artère, par exemple. La conclusion de ces faits, c’est que la stase complète, dans le système veineux du rein, aboutit à la destruction presque absolue du parenchyme, par suite d’une nutrition insuffisante et d'un arrêt dans les échanges organiques.

Il va de soi, d’ailleurs que ces conditions particulières ne peuvent être comparées à celles qui déterminent les lésions du rein cardiaque. Les altérations du rein, consécutives à la ligature complète de l’artère ou de la veine, sont des lésions purement nécrosiques.

d. — Æffets de la ligature incomplète de la veine rénale.

Robinson ‘, Weissgerber et Perls ?, Posner *?, Voorhæve #, François *, Germont®, ont procédé autrement; ils ont essayé de diminuer simplement l'écoulement du sang veineux, au lieu de le supprimer d'une façon complète. M. Germont est arrivé à des résultats assez instructifs que nous allons passer en revue.

Dans une première expérience, il jette un fil de soie sur la veine rénale gauche d'un lapin, sans excercer aucune striction, espérant que le fil de soie déterminera par sa présence un peu de phlébite et un rétrécissement secondaire du calibre de la veine; quatre jours après, le lapin est tué par strangulation. A l’autopsie, on trouve la veine rénale rétrécie mais perméable, le rein est volumineux et sa couleur d’un rouge foncé. Une section allant de l'écorce au hile montre que la congestion, quoique générale, est surtout intense au niveau de la substance intermédiaire.

La lésion fondamentale consiste en une congestion extrème

1. Roginson, Medico-chirurgical Transactions, t. XXVI, 1843. Cité par Germont.

2. WaissGerger und Peris, Beitrage zur Kenntniss des Entstehung des sogenannte Fibrincylinder. Arch. f. exp. Path. und Pharmak., 1816, t. VI.

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