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COMPRESSION ET OBSTRUCTION DE L'URETÈRE

ainsi que dans la néphrite saturnine expérimentale une cirrhose épithéliale, les épithéliums étant voués dès le début à l’atrophie à cause de la compression qu'ils subissent et aussi parce que la circulation sanguine est insuffisante. Nous ne retrouvons pas ici les mêmes causes d'irritation lente des épithéliums, la même altération de la glande que lorsqu'une substance nuisible s'élimine lentement à travers l’épithélium.

Dans ses périodes plus avancées, la néphrite saturnine systématique se différencie encore plus de la néphrite consécutive à l'obstruction des uretères, puisque le maximum des lésions, dans la première, a lieu chez le cobaye au niveau de la substance intermédiaire, chez l’homme au niveau du labyrinthe, tandis que la seconde détermine une atrophie fibreuse prédominante dans la pyramide. La première, lorsqu'elle dure longtemps, se termine presque toujours par un état granuleux de la surface ; dans la seconde, au contraire, la surface du rein est toujours lisse, parce que les lésions sont à peu près les mêmes dans toute l'étendue du labyrinthe et qu'elles obéissent à la distribution du tissu conjonctif et non à celle de certains tubes.

M. Artaud‘ qui a étudié dernièrement un certain nombre

1. G. ArTAuD, De la néphrite déterminée par la compression des uretères dans le cours du cancer de l'utérus et de l'hypertrophie du cœur consécutive. Revue de médecine, novembre 1883.

Voici les conclusions du travail de M. G. Artaud :

A. — Dans le cours du cancer de l'utérus, il peut se développer, à la suite de la compression de l’uretère, des lésions rénales dont les caractères sont différents, suivant le degré et la durée de la compression.

Quand la compression a été peu prononcée, le rein présente un volume normal ou légèrement augmenté : les lésions histologiques consistent dans une infiltration nucléaire autour des tubes urinifères et des vaisseaux (glomérules et artères), une hypertrophie des glomérules et une dilatation des tubes contournés, dont l’épithélium a subi la dégénérescence granulo-graisseuse. Les tubes collecteurs ont conservé à peu de chose près leur diamètre normal, et leurs épithéliums ne paraissent pas altérés (1re période).

Quand la compression a été longue, que l'uretère et le bassinet ont été très distendus, le rein s'atrophie et le degré de l’atrophie est en raison directe de la dilatation de l'uretère et du bassinet. Les lésions histologiques consistent dans le passage à l'état fibreux de l’infiltration nucléaire du début, l'affaissement des tubes droits et des tubes collecteurs dont l'épithélium a subi la régression embryonnaire. Les glomérules sont ou fibreux ou kystiques. Les tubes contournés, revenus sur eux-mêmes, présentent les mêmes altérations de leurs épithéliums que dans la première période (2° période).

Ces lésions se rapprochent de celles que détermine la ligature de l’uretère chez les animaux. Elles en diffèrent en ce qu'elles constituent une néphr'ite diffuse à marche rapide au développement de laquelle l'élément inflammatoire prend la plus grande part, tandis que l'élément mécanique est surtout en jeu

de « néphrites déterminées par la compression des uretères dans le cours du cancer de l'utérus » au double point de vue de la lésion rénale et de l’hypertrophie cardiaque consécutive , arrive à cette conclusion que la lésion rénale est caractérisée par une néphrite diffuse à marche rapide absolument DIRES de l'atrophie par ligature de l’uretère, et accompagnée d'une dégénérescence granulo-graisseuse.

Il existe, comme nous le disions plus haut, une différence très grande suivant les observations et suivant qu’il y à ou non retentissement inflammatoire. Quant à la différence essentielle entre les cas d’obstruction ou de compression de l’uretère et la ligature de ce conduit, elle se montre dès le début. Dans le second cas, la pression étant immédiatement très considérable dans les tubes du rein, il en résulte que les glomérules se dilatent d'une façon bien plus générale et pour ainsi dire constante, mais ce détail mis de côté, les lésions sont les mêmes. L’oblitération brusque peut également se produire chez l’homme dans la lithiase rénale,

c. — Compression, obstruction, ligature de l’uretère avec suppuralion consécutive.

Il nous reste à examiner une des variétés les plus fréquentes de l’altération des reins à la suite de la compression des uretères, nous voulons parler de la néphrite diffuse suppurée. Cette suppuration diffuse ne diffère des autres suppurations diffuses que parce qu’elle est précédée d’une dilatation des voies d'excrétion (tubes droits et tubes collecteurs), mais

dans l’évolution des lésions rénales qu’entraine la ligature aseptique de l'uretère.

B. — Ces lésions rénales déterminées par la compression de l’uretère dans le cours du cancer de l'utérus, amènent fréquemment une hAypertrophie du cœur qui porte exclusivement sur le ventricule gauche.

Cette hypertrophie ne s'accompagne presque jamais de myocardite interstitielle. C'est là une variété encore peu étudiée de ces hypertrophies cardiaques, consécutives aux néphrites qui se développent dans le cours des affections des voies urinaires.

Cette forme de néphrite décrite par M. Artaud est peut-être la plus fréquente de toutes celles que détermine le cancer de l'utérus, mais nous avons observé des faits plus simples où les cellules étaient surtout atrophiées, momifiées pour ainsi dire, et sans aucune trace de graisse. Le tissu conjonctif était peu altéré. Cette forme par atrophie des éléments nobles de l'organe mène rapidement à l’urémie. Ces lésions sont dues à la distension simple et peuvent exister alors que le rein offre son volume normal ou augmenté.

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