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COMPRESSION ET OBSTRUCTION DE L'URETÈRE ” F

comme cette dilatation est souvent peu marquée au moment où la suppuration se produit, il n'y a aucun inconvénient à décrire simultanément ces deux formes. Toutes les affections suppurées des voies urinaires depuis l’urèthre jusqu’à la vessie en y comprenant la prostate et les glandes annexes de l’urèthre, peuvent donner lieu à des pyélo-néphrites ascendantes généralement d’une gravité extrême et presque toujours doubles.

La pyélo-néphrite calculeuse, la compression des uretères par des tumeurs (corps fibreux utérin, cancer du même organe), les calculs des bassinets dont une des extrémités est engagée dans l’uretère, et quantité d’autres affections qui peuvent donner lieu en même temps à une obstruction de l’uretère et à une inflammation suppurée, s’accompagnent souvent de pyélonéphrite ascendante suppurée. Il en est de même dans certains cas de ligature expérimentale de l’uretère lorsque les précautions antiseptiques n’ont pas été prises. Tout cet ensemble de causes s'accompagne d'une suppuration diffuse du rein qui a reçu le nom générique de rein chirurgical.

Quelles sont donc les conditions qui amènent la du rein chirurgical? Deux seules suffisent : il faut qu'il y ait à la fois stagnation de l'urine et altération du liquide retenu. Aujourd'hui que l’on connait mieux certains modes de propagation des organismes inférieurs, on sait qu'il n’est même pas nécessaire qu'il y ait rétention d'urine au-dessus de la vessie pour que pareil phénomène se produise, et l'inflammation suppurative peut se propager de proche en proche en remontant du côté des bassinets.

Quoi qu’il en soit, dans toute dilatation de l’uretère, qu'elle soit consécutive à un calcul enclavé ou à un carcinome utérin, il peut se produire une suppuration rapide qui transforme le liquide transparent de l’hydronéphrose en liquide purulent. C’est alors que se développe une néphrite suppurée véritablement diffuse. Autour des tubes droits et collecteurs, le long de leurs parois, se forment des foyers allongés de globules de pus qui s'infiltrent peu à peu dans le tissu conjonctif avoisinant. Cette suppuration peut se faire également autour des capsules de Bowmann. Les parois des tubes les plus altérés sont détruites, et il y a mélange intime de l'urine et du pus disposé en foyers. Ce qui distingue à l'œil nu cette suppuration de celle qui

est consécutive à une infection purulente ou à des embolies septiques d’endocardite ulcéreuse, c'est qu'elle est disposée beaucoup plus irrégulièrement : ici on verra un très petit abcès, quelques millimètres plus loin un abcès beaucoup plus volumineux, et cela dans toutes les régions du rein. Les abcès métastatiques de l'infection purulente ou des embolies septiques sont au contraire presque toujours coniques parce qu'ils sont disposés suivant les divisions artérielles; de plus, ils sont de volume beaucoup plus régulier et siègent généralement à la périphérie sous la capsule à travers laquelle ils sont faciles à observer.

Il ne faut pas exagérer ces différences, car, dans les rétentions d'urine, les abcès qui se produisent peuvent occuper en assez grandnombre la périphérie de l’organe sous la forme de très petites collections miliaires. Mais ces petits abcès sont arrondis et ne répondent pas du tout au trajet d'une petite artériole. Ils sont développés soit dans le tissu conjonctif soit autour d’un petit capillaire, mais la disposition en coin est chez eux exceptionnelle.

Il nous paraît inutile de nous arrêter à décrire toutes les variétés que peuvent présenter les abcès du rein; il suffit de rappeler que toutes les hydronéphroses avec atrophie plus ou moins complète du rein peuvent, à un moment donné, se compliquer d’abcès plus ou moins volumineux. Les plus volumineux sont ceux qui se développent dans l'extrémité des pyramides et qui communiquent bientôt avec les bassinets dilatés. La collection purulente peut acquérir dans ces conditions des dimensions énormes, et si la mort n’arrive pas par le mécanisme de l'infection purulente, il est fréquent de voir des abcès se propager aux organes circonvoisins, soit au tissu cellulaire en produisant des phlegmons périnéphrétiques, soit à la séreuse abdominale avec péritonite ultime.

Nous pensons, dans les lignes qui précèdent, avoir suffisamment insisté sur les conditions qui président au développement des altérations du rein dans le cas d’obstruction, de compression ou de ligature des uretères. Ces phénomènes, quand on les étudie d’un peu près, sont d’ailleurs assez faciles à analyser, et la pathologie expérimentale nous a permis une fois de plus de réaliser des expériences simples qui ont eu pour résultat de faciliter cette analyse.

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En tous cas, nous croyons pouvoir affirmer que les phénomènes pathologiques sont au nombre de trois principaux : 19° action mécanique, dilatation simple, atrophie des épithéliums ; 2° irritation du tissu conjonctif par un liquide excrémentitiel non altéré : néphrite diffuse simple ; 3° irritation du tissu conjonctif par un liquide altéré : néphrite diffuse suppurée (rein chirurgical).

Aucun de ces trois modes d’altération n'offre de point de rapprochement soit avec les néphrites diffuses, soit avec les néphrites systématiques glandulaires ou artérielles. Ce sont des lésions tout à fait spéciales dont le mécanisme et la pathogénie sont distincts.

LEEU LAWESTRIDINC JIRGICAL SOCIETY

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