Ibid., 11. 417-419, l
renccs, c'est L'importance que Comte attribue à l'opinion publique en matière de gouvernement. Toute autorité réelle, suivant lui, émane de l'opinion'. En cela, A. Comte reste fidèle à l'inspiration originelle de toute son œuvre. Mieux que la plupart des réformateurs et utopistes ses contemporains, il a compris que la réforme des esprits devait précéder celle des institutions, et c'est précisément un des reproches qu'il faisait à Saint-Simon que celui d'aborder de front et directement le dernier problème. Il était donc naturel que, supposant fondée, sinon achevée, l'œuvre de régénération mentale à laquelle tendait tout d'abord le positivisme, il considérât le « Régime » politique comme appuyé avant tout sur cet assentiment, sur cette mentalité « homogène » que le « dogme » aurait réalisée. On peut même trouver qu'il pousse jusqu'à la naïveté la foi dans la puissance et les droits de l'opinion, quand on voit l'importance extraordinaire qu'il attache aux (( salons » et, en particulier, aux « salons prolétaires2». Cette conception s'explique d'ailleurs par les idées de Comte sur le rôle de la femme dans la vie sociale et. en particulier, sur sa part dans le pouvoir spirituel : les salons sont sous la « digne présidence de la femme ». Mais il y a plus. Si Comte semble aux antipodes du système gouvernemental qui confère aux gouvernés la désignation et le contrôle des gouvernants, il s'en faut pourtant qu'il imagine un système d'autorité sans contrepoids. Dans sa théorie, l'initiative vient toujours d'en haut, mais la réaction d'en bas peut légitimement se
i. Pul. pos., IV, 3o2.
:>.. Ibid.,ÏV, 3i4> 347. 35a, 383, etc. ; et sur les salons prolétaires, 317.
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lune sentir. Il prévoit el admet la possibilité d'un (i refus de concours » du Patricial au Sacerdoce1, et mieux encore, celui du Prolétariat au Patricial . C'est dire que, très nettement, il proclame, dès iSo'i, ce droit de grève qui ne fut reconnu par la législation française que dix ans plus tard, cl par la Législation anglaise qu'en i85q.
Unsi, loin de concevoir an système de réglementation, d'oppression el de contrainte, Comte cherche et croit 1res sincèremenl donner la formule d'un régime capable d'obtenir l'assentiment le plus spontané et le plus unanime. Dès l'origine, et jusqu'au bout, il a affirmé que la réforme morale et intellectuelle devait précéder et conditionner celle des institutions. De pi lien plus il a répudié tout emploi gouvernemental de la force, delà crainte, de la souffrance, des atteintes portées à la liberté, à la dignité et même à la propriété des personnes. «. Le régime humain, dit-il, devient de plus en plus spirituel et de moins en moins temporel3. » La politique est subordonnée à la morale, c'est-à-dire que l'emploi delà force fait place à la bonne volonté universelle.
En tout cela, ce ne sont donc pas les intentions d'A. Comte, niais seulement ses i 1 1 1 1 si* »ns que nous pourrions critiquer. Il s a moins de dogmatisme tyrannique que de confiant optimisme dans toute celle doctrine. Il croit trop aisément à l'évidence de la positivité lelle qu'il la définit el à la proximité de son universelle acceptation. 11 compte trop sur la possibilité de réduire la politique
i. Pol.pos., I\. 337.
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