‹ Études sur la philosophie morale, au XIXe siècleChapitre 12 sur 72 · Wd., i · texte numérisé non relu

Wd., i

en une science positive et sur la constitution d'une foi démontrable suffisant à la pratique. Il partage avec les philosophes du wui'' siècle, qu'il n'a pourtant pas en grande sympathie, une confiance manifestement excessive dans la puissance de l'éducation ' dont il attend des merveilles de discipline morale et intellectuelle. 11 escompte un désintéressement que l'expérience ne permet guère d'espérer, et de la part des gouvernés, quand il se figure que la masse renoncera aux revendications du droit, et de lapait des gouvernants, lorsqu'il demande au sacerdoce de renoncer aux richesses, ou au patriciat de n'user de son pouvoir que pour le bien social, et, en particulier, dans l'intérêt du prolétariat2. Il croit, enfin, en 1867, à une «paix irrévocable3 » qui ouvrirait à l'Europe une ère nouvelle et favoriserait l'avènement du positivisme. Il est assez naturel aux initiateurs, à ceux qui fondent ou croient fonder une philosophie ou une religion nouvelle, d'être des hommes de foi. Comte a peut-être dépassé ici la mesure commune ; il a été plus précis et plus confiant dans ses affirmations ou ses prévisions que, rétrospectivement, il ne nous semble raisonnable de l'avoir été. Mais ce n'est pourtant pas une raison pour méconnaître le vrai caractère de ses principes moraux et de ses intentions, ni pour transformer, par une sorte d'illusion d'optique de notre critique, cette précision en tyrannie ou cette confiance en intolérance.

i. Par ex., Pol.pos., IV, ."><><>.

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