‹ Études sur la philosophie morale, au XIXe siècleChapitre 18 sur 72 · LA MORALE DR RENOUVIER · texte numérisé non relu

LA MORALE DR RENOUVIER

par là que l'intérêt d'une collection de personnes, dont les droits ne sont pas autres en essence et, conséquemment, ne vont jamais plus loin que le droit de chaque personne. Le droit de l'Etat, la raison d'Etat sont des fictions dangereuses. Comme l'auteur le dit fortement, la raison générale est la raison individuelle répétée, la justice générale est la justice individuelle répétée1. Il n'y a pas deux morales, une morale publique et une morale privée, ni un droit public distinctdu droit privé. Il n'y a pas non plus une morale des Etats, des nations, différente de la morale des individus. Le droit international doit se réduire, en dernière analyse, au droit individuel. Quand on écarte « la fiction métaphysique de la personnalité sociale », il ne reste pour constituer l'idée d'un Etat, d'un gouvernement, que des personnes particulières et responsables, qui ont reçu mandat d'une masse de personnes pour traiter avec d'autres personnes particulières, mandataires de la même manière d'une autre masse de personnes. Et ainsi les relations des Etats doivent être considérées devant la conscience « comme rigoureusement soumises aux mêmes lois que les plus simples relations d'homme à homme2 ».

On sent, peut-être, dès l'abord, tout ce que la doctrine [puisera de pureté et de force dans ce principe fondamental. D'une manière générale on peut dire qu'il permet au moraliste de faire la part de la conscience dans les débats les plus passionnés de la politique et de l'économie politique et qu'il fournit un critère pour choisir entre les solutions proposées.

Un second caractère de la morale de Renouvier —

i. Tome I, p. 168.

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