‹ Études sur la philosophie morale, au XIXe siècleChapitre 22 sur 72 · LA PHILOSOPHIE MORALE M \IV SIMM · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE MORALE M \IV SIMM

seul moyen efficace de toute réforme sociale, la Libre association. « Puisque nous ne pouvons exiger raisonnablement des personnes isolées la justice intégrale, ni l'attendre de la société générale liée à ses traditions el à ses coutumes ; que ni les exemples singuliers nepeu- \cnl admettre une forme rationnelle radicale, ni le monde (|ui les reçoit en être sérieusemenl affecté; il reste mi parti moyen à prendre, le seul possible, le seul légitime : c esl de demander an nom de la morale an\ personnes qui reconnaissent le droit, qu'elles s'unissent en sociétés particulières afin de le faire passer dans les faits, comme elles l'entendent, autant qu'elles croient l'œuvre possible eu égard aux convictions el aux vertus de leurs membres, eu égard à 1 étal du milieu général avec lequel il x a nécessairement des relations à conserver; c'est de demander, d'autre part, à ee milieu, à la grande société, une simple concession, la tolérance, qu'elle veuille souffrir le^ sociétés particulières et leur accorder toute la liberté nécessaire à leur existence, compatible avec la sienne1. »

La libre association, dans laquelle la justice de I un n'est pins infirmée par l'injustice de l'autre, dans laquelle la liberté s'accorde avecl'autorité, librement établie, dans laquelle, enfin, l'autonomie de la raison cesse d'être en conflit avec la passion qui recherche les biens extérieurs, la libre association (mutualités et coopératives) résoud, autant qu'il esl possible, l'antinomie économique.

Ces vues émises il y a plus de 3o ans. Renouvier a déclaré dans un de ses derniers ouvrages publié en

i. T. II, p. i85 6.

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