‹ Études sur la philosophie morale, au XIXe siècleChapitre 32 sur 72 · I . Jliïti'-r, vol. I. p · texte numérisé non relu

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pre, puis dans la personne du prochain, et cela sans retour d'éçoïsme, comme sans considération aucune de divinité ou de communauté : voilà le droit. Etre prêt en toute circonstance à prendre avec énergie et au besoin contre soi-même la défense de cette dignité : voilà la justice. Cela revient à dire que par la justice chacun de nous se sent à la fois comme personne et collectivité, individu et famille, citoyen et peuple, homme et humanité1. »

« Ainsi conçue, la justice, rendant toutes les conditions équivalentes et solidaires, identifiant l'homme et 1 humanité, est virtuellement adéquate à la béatitude, principe et fin de la destinée de l'homme. Le droit est pour chacun la faculté d'exiger des autres le respect de la dignité humaine dans sa personne :1e devoir, l'obligation pour chacun de respecter cette dignité en autrui. Au fond, droit et devoir sont termes identiques, puisqu'ils sont toujours l'expression du respect exigible ou dû, exigible parce qu'il estdû. dû parce qu'il est exigible : ils ne diffèrent que par le sujet, moi ou toi, en qui la dignité est compromise2. »

La justice est donc la réciprocité des personnes ou des dignités. Prise comme idée, la justice est l'équation de deux êtres. Elle est (remarquons ces expressions) (( absolue, immuable, non susceptible de plus ou de moins, mètre inviolable de tous les actes humains. »

Ainsi, contre le christianisme et contre les anciens à la fois, Proudhon affirme la rationalité de la justice. Elle est même l'idée rationnelle par excellence, la raison universelle des choses. « Dans l'ordre de la conscience, le plus élevé de tous, elle est la justice proprement

i . Justice, vol. J, p. 216.

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