‹ Études sur la philosophie morale, au XIXe siècleChapitre 36 sur 72 · Justice, vol. III, p · texte numérisé non relu

Justice, vol. III, p

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« L'Étal n'a pas de plus grande affaire que de veiller à ce quechacun respecte la personne, la propriété et les intérêts de chacun, en un mot que tous soient fidèles au pacte social; ... loin de commander les intérêts, il n'existe que pour les servir1. »

Y a-t-il du mysticisme dans cette conception? Oui, diront les logiciens, les esprits analystes. Non, répondra Proudhon, au nom de la psychologie et des faits. « Considérez ce qui se passe en votre âme : 1 opposition des facultés, leur mutuelle réaction est le principe de son équilibre, disons plus, la cause du sentiment qu'elle a de son existence... Le moi est en un sens une résultante, et n'en est pas moins pour nous une réalité, supérieure même à chacune de ses composantes... Ainsi va la société : 1 opposition des- puissances dont se compose le groupe social, cités, corporations, compagnies, familles, individualités est la première condition de sa stabilité : qui dit harmonie ou accord, en effet, suppose nécessairement des termes en opposition. Essayez une hiérarchie, une prépotence: vous pensiez faire de l'ordre, vous ne faites que de l'absolutisme2. »

L'individualisme est donc faux, si l'on entend par là que l'individu isolé est l'élément social. L'élément social est le groupe, mais à une condition, qui est la sauvegarde de l'individu, et hors de laquelle il n'y a que tyrannie ; c'est que le groupe ne vote pas comme un seul homme, que la voix de chacun s'y fasse entendre, que la pensée du groupe résulte de l'accord après discussion, de la réduction au relatif des idées absolues de

i. Justice, vol. I, p. 123.

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