‹ Études sur la philosophie morale, au XIXe siècleChapitre 43 sur 72 · Ibld., p · texte numérisé non relu

Ibld., p

3. Souvenirs d'enfance et de jeunesse, p. 3f)'i. Cf. Lettres intimes, p. 817.

'X>| LA PHILOSOPHIE MORALE Al \l\ SIECLE

li comprendrons-nous mieux en cherchanl à distinguer cr (|in I ;i provoquée.

Si. pour résoudre celle question, on consulte les Souvenirs d'enfance et de jeunesse, voici l;i réponse qu'on \ lit : « Ma foi a été détruite par la critique historique, non par la scolastique ni par la philosophie... Dans celle grande lutte engagée entre ma raison cl mes croyances, j évitai soigneusement de faire un seul raisonnement de philosophie abstraite... Rien de ce «pie pouvaient avoir de critiquable la politique el l'esprit de l'Eglise, soil dans le passé, soil dans le présent, ne me faisait la moindre émotion... Mes raisons furent Imites de Tordre philologique el critique; elles ne furent nullement fie l'ordre métaphysique, de l'ordre politique, de l'ordre moral1. » Or ce témoignage de Renan sur lui-même est contredil par celui de son plus intime ami de Saint-Sulpice. D'après l'abbé Cognât. Renan est dupe d'une illusion. Ce qui l'a chassé loin du séminaire, c'est la philosophie : « L'obligation du célibat ne l'effrayait pas ; mais la privation delà liberté de penser lui parut un sacrifice au-dessus de ses forces. »« L'hébreu, dit le même confident, est encore plus innocent que La femme de son émancipation intellectuelle 8. »

Quand nous ne possédions que les Souvenirs d enfance et de jeunesse, il étail impossible de trancher le débat. Tout au plus pouvait-on faire deux remarques: la première, c'est qu'il est malaisé d'admettre que Renan n'ait pas gardé la mémoire précise des difficultés décisives contre Lesquelles sa foi s'est heurtée. La seconde, c'est que les études de philosophie qu'il a

Page 1