‹ Études sur la philosophie morale, au XIXe siècleChapitre 7 sur 72 · Cf. Lettres à Edger, p. 38 (27 mars i85G · texte numérisé non relu

Cf. Lettres à Edger, p. 38 (27 mars i85G

Philosophie morale. ' 2

[8 i\ PHILOSOPHIE MORAL! \i \l\ SIECLE

|);ili> celle lulle contre lu prépondérance (le I égOÏS

me. Comte appelle L'Humanité au secours de l'individu comme I»' catholique fail appel à la grâce contre la nature. On peul dire que c'esl pour aider artificiellement au triomphe de la moralité, pour mettre en quelque sorte la providence humaine au service de chaque homme que Comte \eut organiser sa religion, ou plus exactement ce culte donl les pratiques, les cérémonies et les symboles ne sont que de constants rappels du devoir de « vivre pour autrui», des stimulants Imaginatifs de la sympathie. Et c'est le sens également delà réglementation, qui nous semble si étroite et parfois si puérile, de ces pratiques. Car Comte est profondément convaincu, avec Kant, que c'est L'égoïsme seul qui nous rend impatients «le toute discipline, et que tout ce qui esl accordé à la règle est enlevé à l'égoïsme1. (Test sans doute la signification essentielle de ce (( culte » dont l'idée nous ('tonne, dont la minutie peut nous faire sourire et auquel pourtant Comte lui-même attribuait une importance croissante, au point de vouloir finalement lui subordonner le «dogme o lui-même :.

i. Cf. Synth, subj., p. 16 et 'ii r' Cf. Pol. pos., IV, îlj'i : a Dans l'état normal... nous commençons par respecter el par chérir ces liens artificiels (pii tendent toujours à faire prévaloir nos meilleurs instincts et non-, étendons bientôt la même appréciation jusqu'aux nécessités insurmontables. Ainsi, les règles que nous nous imposons nous amènent à respecter el à chérir les lois que nous subissons comme inévitables N'j a-t-it pas là comme une sorte de jonction du kantisme el du stoïcisme, de l'autonomie et de la résignation ?

Page 1