MAURICE MAETERLINCK
Par Léont Brunschvicg Professeur au lycée Henri IV.
L'École des hautes études sociales a eu l'initiative d accueillir parmi ceux qui représentent avec autorité les idées morales du temps présent, un homme de la génération nouvelle qui, en dépit d'une œuvre déjà considérable et féconde, est encore à l'aurore de sa carrière : Maurice Maeterlinck. C'est un grand honneur pour moi de répondre à celte initiative. Je voudrais qu'il y pût suffire d'une admiration sans réserve pour l'écrivain, d mie sympathie profonde pour les idées, de la reconnaissance enfin pour les heures passées dans l'intimité de sa pensée. Mais je me demande si cette impression même d'intimité ne devient pas un obstacle à parler de Maeterlinck. Faut-il essayer, ailleurs que dans le recueillement et dans la solitude, de pénétrer une œuvre qui tend à faire regarder l'invisible, à faire écouler le silence, à éveiller dans un rythme nouveau la vie profonde de lame ? N'est-ce point en rompre le charme que d'y appliquer nos procédés d'analyse et nos essais d'interprétation? N'est-ce point risquer de détruire ce qui en est la source et l'inspiration, le sens du mystère et de l'inconnu ?
Pins d une allusion de l'auteur nous invite pourtant