Od.j IV, I; 1 sqq
SUR HORACE ET SES OEUVRES
se tenant prudemment dans des limites plus discrètes. Il va même jusqu'à lui emprunter cette marche extraordinaire qu'il compare à celle d'un torrent débordé, et qu'on a qualifiée de pindarique.
En quoi consiste-telle? J'ai cherché à la définir, à la montrer chez Pindare, à la retrouver che*Horace, et je suis arrivé à conclure qu'elle ne lui était pas autant donnée qu'à son modèle par la situation du poète, qu'elle devient chez lui U7i effet de Vart^ comme a dit Boileau, que, malgré la beauté incontestable des pièces qu'elle a produites elle y offre quelque chose d'artificiel, que notre imitation a encore beaucoup outré.
De l'ordonnance générale des odes d'Horace, la suite naturelle des idées m'a conduit aux divers éléments qui sont entrés dans la composition de ces morceaux célèbres.
La rhétorique des anciens, dénombrant et rangeant les ressources de l'argumentation oratoire, les avait distribuées dans des Heux^ c'est son expression, où il était loisible à chacun d'aller les prendre. On pourrait croire que la poésie, la poésie lyrique particulièrement, avait aussi ses lieux communs, tant intrinsèques qu'extrinsèques, d'où elle tirait, au besoin, les ornements dont elle se parait. Bien que chez Horace la trace d'un tel travail soit comme effacée par la perfection de l'art et la facilité du génie, il est cependant possible de la retrouver, et nous n'avons cru ni sans utilité ni sans intérêt de remonter jusqu'aux sources, alors moins visitées du vulgaire, moins profanées, moins troublées par ses indiscrets emprunts, où a puisé notre poète :
Juvat intègres accedere fontes Atque haurire '.
La plus féconde sans aucun doute, on le conçoit facilement, c'est la mythologie. Snjetspecial.de deux ou trois de ses poèmes lyriques^ elle a fourni à plusieurs' des épisodes