‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 106 sur 513 · Hor., Épùt, II, n, 211. — 2. Pcrs., Sat.j I, 114 sqq · texte numérisé non relu

Hor., Épùt, II, n, 211. — 2. Pcrs., Sat.j I, 114 sqq

SUR HORACE LT SES OEUVRES

vice, devenue trop pénible pour la douceur croissante de ses mœurs, et se consacre désormais, non pourtant sans quelques retours passagers de verve malicieuse, à enseigner le secret trouvé par lui d'une vie paisible, honnête heureuse, à ramener ses amis fourvoyés vers ce but désiré el méconnu; aveugle, dit-il modestement, pour ne pas se donner des airs de pédagogue, aveugle qui s'avise de montrer aux autres leur chemin :

Disce, docendus adhuc, quas censet amiculus; ut si Cœcus iter monstrare velit*.

Dans les satires et les épîtres d'Horace nous verrons se succéder, absolument de même, un autre ordre de censures, un autre ordre d'enseignements. Horace, en sa qualité de grand poète, fut abondamment pourvu, surtout au début de sa carrière, d'envieux et de détracteurs; il n'endura pas patiemment leurs atteintes, et leur fit de son côté une rude guerre, perçant de traits acérés la foule des mauvais écriyams et des faux connaisseurs, les coteries complaisantes, les cabales ennemies. Plus tard, car, s'il était irritable, iJ se calmait facilement, c'est lui-même qui l'a dit ;

Irasci celerem, tamen ut placabilis essem»;

plus tard, il se résigna davantage aux désagréments inévitables de la vie littéraire, dédaigna les basses pratiques de la médiocrité humihée, oublia pour l'art lui-même les artistes qui le déshonoraient; et quand il lui convint de parler en vers de la poésie, il ne songea plus qu'à en retracer l'histoire chez les Grecs et chez les Romains, à en débattre les principes en quelques points contestés, à en proclamer les règles. Tel est, sauf quelques épigrammes encore, où se retrouve, par moments, le satirique, le sujet de ces grandes et belles Epîtres par lesquelles se termine son volume et qu'il faut probablement rapporter à la dernière époque de sa vie, qui offrent comme le testament de l'excellent poète, et en même temps de Texcellent critique.

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