‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 116 sur 513 · Centuries de quatrains moraux, IQOl · texte numérisé non relu

Centuries de quatrains moraux, IQOl

4. Quatrains de la vanité du monde, ou Tablettes de la vie et de la mort.

LA POÉSIE DIDACTIQUE

gnage piquant dans une pièce de Molière, son Sganarelle, donnée en 1660. Un bourgeois, qui tient pour les anciennes mœurs, y dit à sa fille, qu'il trouve peu docile et dont il attribue la résistance à de mauvaises lectures :

Voilà, voilà le fruit de ces empressements Qu'on y voit nuit et jour à lire vos romans; De quolibets d'amour votre tête est remplie, Et vous parle de Dieu bien moins que de Glélie. Jetez-moi dans le feu tous ces méchants écrits Qui gâtent tous les jours tant de jeunes esprits; Lisez-moi, comme il faut, au lieu de ces sornettes, Les Quatrains de Pibr&c et les doctes Tablettes Du conseiller Matthieu; Touvrage est de valeur, Et plein de beaux dictons à réciter par cœur.

La poésie philosophique et scientifique, second âge du genre didactique, n'arrive guère, chez nous, qu'au dixhuitième siècle. Le dix-septième est tout entier à la poésie dramatique, qui ne soufire guère de partage. La Fontaine seul est quelquefois tenté de prêter à la philosophie, à la science, la parure des vers; il discute poétiquement, pour Mme de La Sablière, certaines opinions de Descartes ; il dit à la duchesse de Bouillon, au début d'un poème commandé par elle, le Quinquina :

C'est pour vous oléir, et non point par mon choix, Qu'à des sujets profonds j'occupe mon génie, Disciple de Lucrèce une seconde fois.

Il s'écrie, traduisant Virgile :

Quand f ourront les neuf sœurs, loin des cours et des villes/ M'occuper tout entier et m'apprendre des cieux Les divers mouvements inconnus à nos yeux, Les noms et les vertus de ces clartés errantes, ; Par qui sont nos destins et nos mœurs diû'érentes?

Que si je ne suis né pour de si grands projets, Du moins que les ruisseaux m'offrent de doux objets, Que jo peigne en mes vers quelque rive fleurie '1

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