Voyez Cicéron, ad Quint, fr. II
CHEZ LES ROMAINS
Lucrèce, pour employer une de ses magnifiques expressions, a comme éteints dans sa lumière :
omnes
Restinxit, stellas exortus uti œtherius sol'.
Les contemporains de Lucrèce n'ont pas seulement imité ces poëmes où les plus anciens philosophes de la Grèce avaient exprimé leurs idées en vers ; ils ont reproduit concurremment ces autres poëmes, d'une date plus récente, dans lesquels les habiles versificateurs de l'école alexandrine avaient eux-mêmes ingénieusement, quelquefois même poétiquement, traduit les systèmes des savants. Les compositions SLiienlifiquement descriptives des Ératosthène, des Nicandre, des Callimaque, des Apollonius, des Aratus, ont excité l'émulation de plus d'un poëte latin, et, par exemple, inspiré assez heureusement le talent encore rude de Cicécéron, l'art plus poli, mais plus froid, de Yarron d'Atax.
Cicéron, qui fit de la poésie l'exercice de son jeune âge et la consolation des chagrins politiques de sa vieillesse, a donné, on le sait, des Phénomènes et des Pronostics d'Aratus une traduction qu'on peut rapporter à ces deux époques de sa vie littéraire, et qui n'est pas tout à fait indigne de l'estime qu'il avait pour elle. Il n'y paraît pas toujours trop inférieur à son élégant modèle, ni trop différent de lui-même. Il était réellement, dans un temps qui allait, produire Lucrèce, le premier poëte aussi bien que le premier orateur de Rome : c'est Plutarque^ qui l'a dit hardiment, sans tenir compte des plaisanteries impertinentes de Juvénal, de Martial , ingrats héritiers d'un art que Gicéron, après tout, avait des premiers contribué à former.
Son frère Quintus, son second en toutes choses, poëte amateur aussi, qui faisait quatre tragédies en quinze jours, comme Marcus cinq cents vers en une nuit, s*était, de son côté, exercé dans le genre didactique. On peut regretter