‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 122 sur 513 · Hor., Sat., I, x · texte numérisé non relu

Hor., Sat., I, x

LA POÉSIE DIDACTIQUE

"vieux poètes et les nouveaux, comme au temps de notre guerre des anciens et des modernes, qui se partage entre les lois pures et sévères de Tart et les procédés expéditifs du métier, qui déjci met en question les principes, les règles, et applaudira bientôt aux recherches frivoles, aux excès monstrueux du mauvais goût.

On les voit poindre dans rArt poétique. Quand Horace dit:

Tel, pour relever par des merveilles ce qui lui parait trop simple, peint un dauphin dans les hois, un sanglier dans les flots,

Qui variare cupit rem prodigialiter unam, Delphinum silvis appingit, lluclibus aprum*,

il semble qu il prévoie la description du déluge par Ovide. Quand il dit :

Ce n'est pas devant le public que Médée doit tuer ses enfants, rexécrable Atrée faire cuire des entrailles humaines,

Ne coram populo pueros Medea trucidet,

Aut humana palam coquat exta nefarius Atreus',

ne semble-t-il pas qu'il analyse d'avance le théâtre de Sénèque ?

Un poème tel que VAï^t portique ne pouvait appartenir qu'à une époque de culture littéraire très-avancée, comme était le siècle d'Auguste, et, dans cetle époque même, au moment précis qui le vit apparaître. Il faut que l'art ait épuisé les inspirations diverses qu'il reçoit de la nature sensible et de l'humanité pour chercher ainsi en lui-même une sorte de modèle abstrait, et ce modèle, pour qu'on puisse le reproduire, doit avoir été assemblé pièce à pièce par la longue pratique de la compositiorj, le sentiment longtemps réfléchi de la vérité, de la beauté. Ajoutons que les idées dont il se compose n'ont chance d'iutéresser l'imagination qu'à deux conditions seulement : d'une part, si

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