‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 123 sur 513 · Ibid., Ib · texte numérisé non relu

Ibid., Ib

CHEZ LES ROMAINS

le faux goût les conteste déjà et leur donne de Tà-propos; d'autre part, si, bien que fondées sur l'autorité du temps et de l'expérience, elles n'ont pas été encore trop popularisées, trop vulgarisées par la critique.

UArt poétique avait donc, comme les Géorgiques, sa raison d'être, Sun opportunité, son intérêt présent et populaire, un caractère tout opposé à celui de ces productions artificielles que suscitent seuls, dans les littératures vieillies, le caprice, la vocation incertaine des poètes. J'en dirai autant d'un ouvrage moitié épique, car il est rempli de récits, moitié didactique, car on n'y raconte que pour instruire, comme dans la Théogonie d'Hésiode : les Fastes d'Ovide.

Quand Rome vieillie aimait à se reporter vers son jeune âge, à s'entretenir de ses lointaines et fabuleuses origines, un poème qui les expliquait savamment, ingénieusement, élégamment, était un ouvrage de circonstance appelé par le vœu du public. Aussi l'idée en vint-elle à plus d'un écrivain. Properce l'avait commencé ; c'est des débris de cette œuvre que se compose en grande partie son quatrième livre. Il en donne le programme dans ce vers :

Sacra diesque canam et cognominaprisca locorum».

Api es lui, Sabinus avait entrepris de faire la même chose, mais n'avait pu la mener à fin.

Imperfectumque dierum

Deseruit céleri morte Sabinus opus*,

a dit Ovide, qui ne fut pas plus heureux, à qui ses malheurs ne permirent pas d'achever une œuvre si propre à intéresser le patriotisme rétroactif, la piété officielle de l'empire, son goût d'archéologie nationale.

Il y a 'e poème didactique badin, comme il y a l'épopée badine. Ennius, dans un temps où l'intempérance romaine avait déjà commencé, Ennius, ami lui-même du vin et de

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