‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 129 sur 513 · Sut., II, 1, 45. — 2. Ibid. II, m · texte numérisé non relu

Sut., II, 1, 45. — 2. Ibid. II, m

DE LA POÉSIE SATIRIQUE

peur de l'adultère, me réduire aux plaisirs permis : Vois Tré« bonius, pris sur le fait, les belles choses qu'on en raconte! Un philosophe, ajoutait-il, te fera comprendre par quelles raisons telle chose est à éviter, telle autre à rechercher. Qu'il me suffise de me conformer aux traditions du temps passé, et tandis qu'il te faut encore un gouverneur, de préserver, s'il est possible, tes mœurs et ta réputation. Quand l'âge avec le corps t'aura fortifié l'âme, tu nageras seul et sans aide. Voilà par quels discours il formait ma jeunesse. Me donnait il un conseil? Tu ne marques pas d'autorités pour te conduire de la sorte; ainsi se conduit l'un de nos plus respectables juges. Me faisaitil une défense ? Pourrais-tu douter que cela ne soit déshonnête, qu'il ne faille s'en abstenir, quand de si mauvais bruits courent sur celui-ci, sur celui-là? L'enterrement d'un voisin fait défaillir le malade intempérant, et, par crainte de la mort, le force à se ménager. Ainsi la honte d'autrui peut détourner du vice de jeunes esprits. C'est ce qui m'a sauvé de la contagion de tant d'excès pernicieux. J'ai mes défauts, mais médiocres, pardonnables, et peut-être en perdrai-je une bonne part, à la longue, grâce aux progrès de l'âge, aux libres conseils de mes amis, à mes propres réflexions. Ne croyez pas que sur le lit de repos ou sous le portique ma pensée reste oisive et me fasse faute.— « Ceci serait mieux; de cette sorte je vivrai plus sagement, plus heureusement, je me rendrai plus cher à mes amis; cet homme n'a pas bien agi ; me laisserai-je jamais aller à rien faire de semblable? » — Voilà ce que je roule en mon esprit, ce que je murmure entre mes dents, et, quand je suis de loisir, je m'amuse à le mettre aur le pavier... i>

Liberius si Dixero quid, si forte jocosius, etc.'

La poésie satirique n'a pas été considérée autrement par les successeurs d'Horace. Pas plus qu'Horace, sans doute, ils ne se sont refusé le plaisir peu charitable de renfermer dans la mesure d'un vers, comme Lucilius, une personnalité maligne, et souvent plus que maligne. Ce plaisir, Perse ne le donnerait pas, dit-il, pour une Iliade.

Hoc ridere meum, tam nil, nulla tibi vendo Iliade \

Une Iliade I C'est beaucoup dire ; mais il est probable

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