Pers. , Sat.j I, 117. — 2. Art poétique, ch. II
DE LA POESIE SATIRIQUE
La poésie satirique, avec ces caractères généraux, qui lui appartiennent, quelque forme qu'elle prenne, n'a pu manquer à aucune littérature, et n'a certainement pas manqué, il s'en faut, k la littérature grecque. A toutes les époques de cette littérature, on la rencontre.
Aristote* remarque que, dès l'origine, la poésie se partagea en deux genres principaux, dont l'un s'occupait du beau et du bon, des grands hommes, des héros; l'autre, du mal, des méchants, des vicieux; produisant, le premier, des éloges, des hymnes, il pouvait ajouter des récits héroïques, le second, des pièces consacrées au blâme, ^6yo}j;, Gomme exemple de ce dernier genre, il cite un poème attribué à Homère, le Margilès, composition satirique contre un personnage ridicule « qui savait bien des choses, mais toutes choses mal, »
« que les dieux n'avaient fait propre, ni à fouir, ni à labourer la terre, habile en quoi que ce fût : qui n'avait aucune industrie. »
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Dans riliade * même se rencontre, on l'a souvent remarqué , parmi les dieux et les héros, un personnage dont le portrait semble inspiré par la muse satirique, Thersite, type de la laideur physique et morale, aux traits difformes, à l'âme basse, jalouse et méchante, démagogue de bas étage, k l'humiliation duquel applaudissent les Grecs, amusés cependant par ses invectives contre les chefs.
Quand Hé&iode % adressant ses enseignements à son frère Persée, lui recommandant surtout le travail, le repré-