‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 136 sur 513 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

ÉTUDES SUR LES ANCIENS POETES LATINS'

LIVIUS ANDRONICUS ET NÉVIUS

(JOURNAL DES SAVANTS, Cahiers de janvier mars mai, 1862, p. 37, 172,286— ^ cahier d août 1859, p. 457.)

De n^vii poet^ vita et scriptis. Disseruit Maximitianus Josephns Berchem, D' phil. Monasierii , typis et sumpMus libranx Coppenraf/i, 1861, in-S de 111 pages.

Névius qui a sa place, et une place importante, dans tous les recueils oU l'on a rassemblé les débris de l'antiquité latine, dans toutes les histoires où l'on a retracé les origines de la poésie des Romains, a été aussi le sujet de Quelques dissertations spéciales, comme celles que lui ont consacrées, en 1841 et 1843, MM. Schûtte' et Kluss-

1 Comme ie l'ai déjà annoncé dans ma préface, je comprends sous re nom a"ec les poêtis anonymes des cinq premiers siècles de Rome, reux oui au sixième et au septième, de Livius Andronicus a Cceron naï des productons de toutes formes, bien rudes, encore, mais où p. , ol%,^u«ait mr deerés où se marquaient aussi, chez ces imita- 'art s| f l'ssa't P^; /^^^^^^^^ d'originalité, ont préparé l'èie clas-

^sîs^e de la poésie larne,^l'aflnement"des Lucrèce et des Catulle, des

''%^Ve%TltJv!o%etaparticula prima. Herbipoli, 1841.

LES ANCIENS POETES LATINS

mann '. C'est à ces deux ouvrages, et surtout au second que se rattache la dissertation nouvelle de M. Berchem' L'auteur y discute, en les amendant, en les complétant' quelquefois aussi en les combattant, avec érudition et sagacité, les idées de ses deux devanciers, et à l'occasion de beaucoup d'autres critiques allemands, sur les circonstances restées obscures de la biographie de Névius, sur !e genre, le nombre, les modèles, les sujets, les mérites de ses diverses compositions, tragiques comiques, épiques sur le rôle qu'il a joué dans i'avénement tardif des arts dé 1 esprit chez les Romains.

Les cinq premiers siècles de leur histoire nous montrent un peuple continuellement occupé, aux champs de labourage, à la ville d'affaires contentieuses; auquel d'aileurs les troubles civils et la guerre ne laissaient aucun loisir, pour qui l'activité était la vertu suprême, le mot industrius, dont il usait tant, le plus grand des éloges tners, le blâme le plus sévère; qui, par conséquent devait estimer médiocrement les poètes, y voyait des oisifs, des fainéants, des parasites, ou, s'il lui convenait d'en juger d en parier plus honorablement, des rédacleur=i de certaines formules nécessaires à la vie publique, des scribes. scnbx, dont le travail s'appelait scriptura.

Un tel peuple semble d'abord bien prosaïque. La poésie lui a-t-elle donc manqué? Non; mais elle était pour lui surtout dans les choses, dans l'impression qu'il recevait directement des choses, sans l'intermédiaire de la narole. "^

Ce peuple travaillait avec ardeur à une histoire admira- We, a laquelle la croyance populaire donnait pour point de départ des origines merveilleuses ; à laquelle, d'autre part 1 ambition nationale assignait un terme des plus magnifiques,^ la conquête du monde. Cette histoire recelait une épopée que les poètes n'en dégageaient point encore, mais qui, dans 1 action même, agissait sur les acteurs, à la ma-

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