Bnit. XV
2. p. 4 et suiv. — 3. A. Gell. Noct. ait. VI, 8. 4. De Sviicct. XIV, 50. — S. Nvct, ait. XVIl, 21. 6. llid. IV, 3.
LIVIUS ANDRONICUS ET NEVIUS
sous des consuls qui sont, selon lui, de 523, mais, en réalité, de 527. De là, et d'autres passages encore, particulièrement de Denys d'Halicarnasse*, une grande incertitude. Après de savantes discussions, dans lesquelles il serait trop long de les suivre et auxquelles il vaut mieux renvoyer, M. Klussmann et M. Berchem se prononcent, le premier pour 523, le second pour 527. Quelle que soit celle de ces dates diverses à laquelle on donne la préférence, le début dramatique de Névius aura suivi d'assez près celui par lequel Livius Andronicus, en 514, inaugura la poésie latine proprement dite, et il y a lieu d'admirer quels progrès rapides elle a fait d'un poëte à l'autre, dans un si petit nombre d'années.
Gette date indécise fait de la vie de Névius deux parts à peu près égales, mais bien diverses, vouées, l'une aux devoirs du service militaire, l'autre à la culture des lettres. Soldat de la première guerre punique dans ses jeunes années ^, Névius la célébra en vers épiques dans sa vieillesse', après s'être illustré au théâtre par des compositions de toutes sortes, comiques et tragiques, de sujets grecs ou de sujets romains. Telle devait être aussi, un peu plus tard, la vie d'Enni'Js, de ce centurion poëte, qui, après ses longues campagnes dans les troupes auxiliaires fournies aux armées romaines par l'Italie méridionale, sa patrie, vint, âgé déjà de quarante ans, se fixer à Rome qu'il charma, pendant trente autres années, par ses vers ; à laquelle il donna toute une littérature poétique , des tragédies, des comédies, des satires, des poèmes didactiques, et, second Homère, comme on l'appelait, une épopée! Mais, dans des carrières si semblables, quelles fortunes différentes ! Ennius, admiré du peuple, n'en fut pas moins aimé des grands, d'un Fulvius Nobilior, qui fit de Thomme de Rudies un citoyen romain :
Nos sumu' Romani, qui fuvimus ante Rudini*;