Cic, De Senect. XIV
4. Cic. De Orat.j III, 42. Voy. Vahlen, Ennianœ poeseos reliquiœf 185^., p. 6G.
LES ANCIENS POETES LATINS
LIVIUS ANDRONICUS ET NÉVIUS
de Caton et du premier Africain tout ensemble, malgré leurs inimitiés; de Tun qui Tarait amené à Rome, de Tautre qui lui destina une place dans le tombeau même des Scipions. Névius, au contraire, nous savons par Auiu-Gelle* sa douloureuse histoire, Névius, cédant imprudemment aux malignes inspirations desamuseplébéïenne, osa entrer, avec une aristocratie orgueilleuse, impatiente, armée, contre les licences de la satire, de lois redoutables, dans une lutte où il devait inévitablement succomber. Vengeant les injures des Mélellus et des Scipions, ces magistrats de police qu'on appelait triumvirs le jetèrent dans une prison, où Plante, par une allusion imprévue, au milieu d'une scène bouffonne qui retraçait les attitudes d'un homme d'intrigue méditant une fourberie, la représenté, la tête tristement appuyée sur sa main, et avec deux gardiens, c'est-à-dire, dans ce style comique, deux chaînes, qui ne le quittent point.
.... Eh mais! il bâtit; le voilà qui étaye son menton d'un arcboutant. Fi! je n'aime pas cette manière de bâtir ! Car il y a, m'a-t-on dit, un poëte latin qui a le col arc-bouté, tandis que deux gardiens se tiennent en sentinelle couchés incessamment auprès de lui 2.
Ecce autem aedifîcat; columnam mento subfulsit suo. Apage! non plaçât profecto mi illa inœdificatio. Nam os columnatum poêlas esse inaudivi barbare, Quoi bini custodes semper totis horis adoubant^.
Plaute a-t-il voulu, dans ces vers, insulter lâchement à la disgrâce d'un confrère, d'un émule? Il ne faudrait pas le conclure de Tépithète barbarus qu'il s'applique quelquefois à lui-même, et par laquelle il fait entendre un traducteur étranger, un traducteur latin de la poésie grecque :
Demophilus scripsit, Marcus vortit barbare. Pliilemo scripsit, Plautus vortit barbare *.