Noct. attic
2. Trad. de M. Naudet. — 3. Plaut. MÛ. glor. Il, n, 66. 4. Id. Asin. prol. v, 11; Trinum. prol., v, 19.
Ce mie voulait Plaute, j'aime à le penser, c'était plutôt appeler sur cette disgrâce Tattention du peuple et des pouvoirs populaires. Son appel fut entendu; les tribuns s'en émurent et, après avoir fait écrire au poëte captif, comme réparation de ses délits dramatiques, deux nouvelles comédies, cette fois inoffensives, ils le tirèrent de sa prison. Mais Névius ne jouit pas longtemps de ce retour à la liberté. L'inimitié persévérante des grands le força bientôt de quitter Rome pour aller mourir à Utique. C'est ce que nous apprend la Chronique d'Eusèbe:
Olympiade CXLIV Naevius comicus Uticae moritur, pulsus Roma factione nobilium ac praecipue Metelli.
On ne doit pas entendre par là, comme on l'a fait^ que Névius a été exilé à Utique. D'abord, la phrase ne parle pas d'exil; ensuite, il n'était pas d'usage d'assigner aux exilés une résidence déterminée. Il y aurait, d'autre part, quelque inconvénient à entendre que Névius s'était volontairement retiré à Utique, dans une ville qui tenait pour les Carthaginois et que les Romains assiégeaient cette année même où on Ty tait mourir^. Un tel choix eût été bien étrange de la part du soldat et du chantre de la première guerre punique, qui faisait, des souvenirs de sa vie militaire et de la composition de son poëme, la consolation et le charme de sa vieillesse'. M. Berchem conjecture* ingénieusement qu'il avait cherché dans le camp même de Scipion (comptant apparemment sur l'oubli généreux de ses anciennes épigrammes contre le général, ou peut-être, ce qui arrive, les ayant lui-même oubliées) un asile plus digne de lui.
Mais la dignité du soldat des légions romaines, du citoyen de Rome, n'est-elle pas quelque peu compromise par cette autre supposition de M. Berchem, au moyen de laquelle, selon lui, s'expliqueraient mieux le scandale et la