Epist. IIIj ai Heliodor
LES ANCIENS POETES LATINS
^ues, mais qui offre la fidèle et élégante traduction de ce Fers de Philémon :
lov vovT oL'jOLyyr^ r.oKk eysivxaxai.
Nous apprenons de Térence^ que le Flatteur, le Colax de Ménandre, avait été imité par Névius et par Plaute, avant de l'être pareillement par lui-même. Le passage est cu« rieux et instruclil"; deux sortes d'imitations y sont soigneusement distinguées : Térence, en empruntant au Colax de Ménandre, pour les introduire dans V Eunuque du même poëte, les rôles du militaire fanfaron et du parasite, se défend de les avoir pris, comme un envieux le lui reprochait, à Tun ou à l'autre de ses deux devanciers latins. Cette dernière imitation eût été une sorte de plagiat; Tautre était une conquête sur une littérature étrangère, et la littérature latine a presque toujours placé dans des conquêtes de ce genre son originalité.
Tout le personnel de la Moyenne et de la Nouvelle comédie athénienne, tel qu'il nous a été reproduit et qu'il nous est connu par Plaute et par Térence, apparaît dans les fragments comiques de Névius, et particulièrement dans ceux de sa Tarentilla, les plus nombreux de tous. C'est à cette pièce, peut-être imitée des ïapvûvot d'Alexis, que l'on rapporte aujourd'hui ce que Ton a longtemps, d'après les témoignages de Festus^ et d'Isidore de Séville*, partagé entre elle et une comédie d'Ennius, le portrait de cette Célimène antique, si habile à conduire à la fois tous ses commerces amoureux.
Comme une balle, dans un jeu, elle court de main en main et, tour à tour, est à tous les joueurs; elle adresse à l'un un signe de tête, à l'autre un clin d'yeux; aime l'un, occupe l'autre; à l'un laisse prendre sa main, à l'autre presse le pied, à un autre montre son anneau, à un autre parle des lèvres, avec un autre chante, et ne laisse pas de se servir pour un autre «noore du muet langage des doigts.