Voy. Klussmann, p. 75; Beichem, p. 32, etc
vengeur par Didon mourante, tandis que parmi ces grands hommes futurs de Rome qui sont montrés à Énée dans les Champs-Elysées, il aperçoit les Scipions, ces foudres de guerre. C'est un véritable titre de gloire pour Névius qu'on puisse lui attribuer quelque chose de cette conception. La tradition de l'origine troyenne de Rome, qui, depuis longtemps déjà, avait pris place dans ses croyances populaires, dans ses institutions religieuses, dans ses actes publics, Névius le premier, avant les poètes, peut-être avant les historiens, en fit, bien des témoignages l'attestent, le point de départ de son œuvre épique. En regard, on peut le conclure de ce fait que dans ses vers étaient nommées Didon et sa sœur Anne^ il rappela l'origine phénicienne de Carthage. Énée, qu'il représentait, nous le savons encore*, comme s'échappant de Troie à la tête d'une troupe d'exilés, comme guidé dans ses courses aventureuses vers l'Italie par l'esprit prophétique de son père Anchise, comme protégé auprès de Jupiter par l'intercession de sa mère Vénus, comme battu par la tempête et s'occupant de consoler ses compagnons affligés, comme consultant la sibylle de Cumes, Énée, par une conformité plus complète avec le début de Virgile, relâchait-il au rivage africain et y étaitil accueilli par Didon ? On l'a pensé, Niebuhr'^ entre autrès, d'après un vers où il semble en effet que la reine de Carthage demande au héros troyen le récit qui remplit les second et troisième livres de V Enéide :
Blande et docte percontat, ^Eneas quo pacto Troiam urbem liquerit.... "*
Mais c'est là une conjecture k laquelle on en oppose d'autres qui substituent à l'Afrique l'Italie, à Didon Évandre, Latinus, et même le roi d'Albe, Amulius. Quoi qu'il en soit, à ce préambule épique, où se développaient, on ne sait