Sueton., De illustr gramm.^ II. Cf. Non. v. Septemfariam
3. Ennianœ poesis reîiquicvj recensuit J. Vahlen, Lipsiae, 1854.
même forme, une récension des fragments de Névius, de ceux du moins de la Guerre punique^ , s'abstenant, sauf pour un très-petit nombre de passages évidemment déplacés par les témoignages anciens, ou dont on peut sans eux indiquer la place avec certitude, de toute classification, de toute interprétation systématique, se bornant à établir la provenance des vers conservés par une transcription complète et exacte des passages où ils se sont trouvés, leur texte par la critique des leçons diverses, enfin leur disposition métrique, entreprise moins sûre et dont les hasards font dire à M. Berchem % de ces vers habilement restitués^ qu ils sont peut-être magis Vahleniani quam Nœviani.
Donnons des exemples de l'obscurité de ces fragments et des lumières douteuses dont les éclairent leurs interprètes. Il y en a un qui représente « écrasant orgueilleusement, dédaigneusement les légions,» superbiter, contemtlm conter it legloneSj qui? Une tempête dont la flotte romaine fut assaillie dans la mer d'Afrique, dit M. Spangelberg*; non, dit M. Klussmann^ les éléphants qui mirent en déroute les soldats de Métellus à la bataille de Panorme. Je n'ose en vérité choisir, et j'aime mieux, comiLe le grammairien ancien ^ auquel on doit la conservation du fragment, arrêter mon attention sur l'énergie de ces deux vieux adverbes, dont le second devait se perpétuer et reparaître, entre autres, avec éclat dans un admirable passage de Lucrèce', celui où l'on voit l'envie, la jalouse Némésis, qui, du faîte si péniblement atteint de la puissance, fait tomber les grands de ce monde; qui, comme par un coup de foudre, les précipite dédaigneusement dans le noir Tartare :
Et tamen e summo, quasi fulmen, dejicit ictos Invidia interdum cuntemtim in Tartara tetra.
1. Cn. Nœvii de hello punico reliquiœ ex recensione J. Vahlen, Lipsise, 1854.
, 3*. Ils Tont été fort diversement. Voy. entre autres God. Ilermann,
Elemenla doctrincC metricxj iib. III, c. ix, p. 629 et suivantes. 4. P. 201. — 5. P. 72.
6. Non. vv. Superhiler, Contemtim. — 7. De Nat. rer.^ Y, 1124.
LES ANCIENS POETES LATINS
LIVIUS ANDRONICUS ET NÉVIUS
Il y a du plaisir à voir s'annoncer chez ces vieux auteurs certaines expressions appelées à une grande fortune poétique, à ladoption d'un Lucrèce, d'un Virgile. Telle est, par exemple, l'épithète arciienens^ dans une énumération de dieux que Névius avait représentés au livre deuxième de son poëme, ou bien se partageant d'avance entre les deux peuples prêts à engager la guerre, c'est l'opinion de M. Klussmann*, qui remarque, avec raison, qu'une telle intervention n'avait guère de place raisonnable dans la composition qu'ayant les développements de caractère historique, dans son préambule fabuleux, merveilleux; ou bien, selon M. Span« gelberg^ figurant seulement par leurs images à la poupe des vaisseaux que construisent les Romains pour les opposer aux flottes de Carthage, et que commauderont Duillius et Lutatius Catulus. N'omettons pas d'ajouter que M. Berchem* aime mieux y voir l'analogue de ce beau passage du récit fait par Énée à Didon, dans le second livre de 1'^néide\ où Vénus, écartant le nuage dont sontobscurcis les regards mortels de son fils, lui montre les dieux qui euxmêmes prennent part à la destruction de Troie.
La fille do Gtrès, Proserpine, marche la première, puis vient le dieu aux flèches redoutables, à l'arc tendu, le dieu vénérable de Delphes, Apollon Pythien.
Prima incedit Gereris Proserpina puer,
Dein pollens sagittis inclutus arquitenens^ Sanctus Delphis prognatus Pylhius Apollo.
Ces deux passages cités isolément, le premier par Pris-
1. Virg. jEn., III, 75. —2. P. 52, 53. — 3. P 196 — 4. P. 30.