‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 173 sur 513 · Cic, de Lcg., H, 27; Isid. Oiig., I · texte numérisé non relu

Cic, de Lcg., H, 27; Isid. Oiig., I

dispersés du poéie » di<jecti membra poelœ , comme a dit Horace ', citant, pour exemple d'une poésie dont on peut rompre la mesure sans qu'elle cesse d'être poésie, ces vers du septième livre des Annales, précisément, ou du huitième, d'après lesquels Virgile^ devait peindre Junon faisant tourner sur leurs verrous, forçant les portes de fer du temple de la guerre :

Postquam Discordia tetra Belli ferratos postes, portasque refregit.

Quand, des fragments de la Guerre punique, on arrive à ceux du septième livre des Annales, il semble que, dans un musée rempli des débris de la statuaire antique on passe des immobiles représentations de l'Egypte aux mouvantes, aux vivantes figures de la Grèce, à ce que les Romains ont appelé animosa signa, spirantia ora, vivos vultus^.

L'art grec lui-même, à son origine, a eu sa raideur, sa dureté, dont il s'est peu à peu dégagé. Gicéron, qui rappelle l'histoire de ces premiers progrès* en amateur d'un goût pavant et délicat, ce qu'il se permettait d'être dans le secret de sa vie privée, dans les intimes confidences de ses lettres et de ses traités, mais non pas, il s'en gardait bien, dans son rôle ofliciel, dans ses discours devant le peuple et le sénat, Gicéron tire de cette histoire d'ingénieuses similitudes pour distinguer par des nuances, pour classer, dans cette antiquité, où ils semblent se confondre, Livius Andronicus et Névius : il compare VOdijssée du premier à un ouvrage de Dédale, et dit de la Guerre punique du second qu'elle plaît, delectat, comme un ouvrage de Myron. Ge vieux monument, à moitié barbare, dont on peut presque dire avec le poète : etlam periere ruinde, est recommandé à notre respect par le plaisir qu'y prenait Gicéron, phiisir de littérateur érudit, dans un temps de suprême politesse, de rapide avancement vers la perfection du goût ; par Thon-

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