Ilist. I, 2o; cf. 24, 32.— 2. Cic. De Leg., U
LES ANCIENS POETES LATINS
tées des Étrusques, ils produisirent une sorte de drame qu'on appela satire. Ils ne furent pas non plus inutiles, on doit le croire, à Tintroduclion d'un genre particulier aux Romains, dont ils se sont toujours vantés d'être les inventeurs, la satire proprement dite.
Telle a été la première époque que l'on peut distinguer dans rhistoire de la poésie latine. L'imagination y sommeille encore ; à peine y aperçoit- on l'ébauche indécise, les rudiments de quelques-uns des principaux genres poétiques. Ce n*est point une aurore , c'est tout au plus un crépuscule ; et ces lueurs douteuses vont bientôt disparaître, quand sur l'horizon romain se sera levé l'astre de la poésie grecque, qui éteindra tout dans sa lumière, pour nous servir d'une magnifique image de Lucrèce •
.... Omnes Restinxit, stellas exortus uli œLherius sol *.
On re^rrette quelquefois que notre vieille poésie française ait été arrêtée dans son développement spontané par la Renaissance, et l'on oublie que ce développement ne l'a conduite, après plusieurs siècles et beaucçup d'eflorts, qu'à exceller dans les sujets folâtres, sans la porter jamais vers les graves, les sérieuses, les hautes beautés de l'art, ou du moins sans l'y retenir bien longtemps.
On commet une erreur semblable, quand on plaint les Romains de n'avoir pas été abandonnés à leurs seules forces dans la poursuite si languissante, on l'a vu, et si impuissante, de la poésie. Il fiiut les féliciter, au contraire, d'avoir trouvé dans les Grecs des guides qui les ont acheminés vers une roule en vain cherchée et qu'ils ne paraissaient pas devoir trouver seuls.
Ces Grecs, la marche progressive de la conquête du monde les leur fit rencontrer, au cinquième siècle, dans l'Italie méridionale, au sixième dans la Sicile et dans la Grèce elle-même. Alors il arriva ce qui est toujours