‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 185 sur 513 · Festus, v. Scribœ · texte numérisé non relu

Festus, v. Scribœ

LES ANCIENS POETES LATINS

tons, comme fondateur de la langue littéraire, de la poésie, de Fart dramatique des Romains.

Après lui deux poètes continuent Tœuvre et l'avancent : Tun cher aux classes populaires, Tautre plus aimé de l'aristocratie, Névius et Ennius.

Névius, né dans la Camp:inie, ou peut-être à Rome, on ne sait, fait, comme son prédécesseur, des tragédies et des comédies, mais plus librement, moins exclusivement grecques, déjà queUjuefois toutes romaines. Chez lui commencent les prœtexlœ, les togalx fabulœ.

Il fait plus, il essaye de mêler à la nouvelle comédie athénienne quelque chose de l'ancienne, à Ménandre quelque chose d'Aristophane, des traits de satire personnelle contre les grands, contre les Métellus, les Scipions. Il expie sa hardiesse par la prison et l'exil, malgré la réclamation de Plaute* (ses vers, je le crois, ont ce caractère et non pas, comme on le pense communément, celui d'une insulte), malgré la protection des tribun>. Sa disgrâce fixe les limites discrètes où devra se renfermer la comédie latine, protégée par le pallium, se montrant tardivement, rarement, timidement sous la toge.

Enfin, par Névius, Rome s'élève à la poésie épique. U Odyssée de Livius An Ironicus a ouvert la voie ; il y entre, soldat de la première guerre punique , par un poëme sur cette guerre qui finit à peine. C'est le point de dépari de Tépopée romaine, point de départ dont le docte Virgile se souviendra un jour, ce qui n'est pas un petit honneur.

Ennius, de Rudies, ville voisine de Tarente, ne vitnl que le troisième ; mais c'est le plus puissant de ces ouvriers primitifs de la langue littéraire et de la poésie des Romains ; il en est le vrai fondateur.

Caton le découvre en Sardaigne dans les rangs de l'armée romaine, oii il porte le cep de vigne de centurion ; il l'amène, âgé déjà de quarante ans, à Rome, où s'achève îja longue vie, honorée par de grands talents, par des mœurs pures, et, dans la médiocrité de sa fortune, par

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