De arte poet
2 Virg Jj:n. VI, 847 — 3. Propert, Elcg. III, ix, 9.
14 LES ANCIENS POETES LATINS
.... ante hune...
Nos ausi reserare fores, nos fecimu' longos Versus'.
Ennius, lorsqu'il écrit ces vers orgueilleux, a conscience de la révolution qui s'opère par ui dans la poésie latine, comme Névius, dans sa non moins orgueilleuse épilaphe avait conscience aussi du caractère iatm qu il clurchait h conserver à son style, au sein même de l'imitation grecque. Non ciue Névius ait eu en vue Ennius venu à Rome seulement après sa mort ; mais on peut lui supposer le pressentiment de l'invasion nouvelle, du flot nouveau de poésie grecque qui se préparait.
Faut-il, comme 0!i l'a fait\ regretter que la conquête neut-être entrevue et redoutée par Névius se soit opérée? On le pourrait, si la poésie latine avait été capable de se développer d'elle-même. Mais la lenteur de ses progrès pendant cinq siècles, son imperfection, même chezNevius, montrent assez qu'elle avait besoin d'une impulsion étrangère Elle la reçut d'Enniiis, à qui j'appliquerais volontiers un fragment quelquefois rapporté à son septième livre ;
Atque manu magna Romanos impulit omnes».
Regretter qu'il en ait été ainsi, c'est regretter ce ciui a préparé de loin, ce qui a amené Lucrèce et \irgiie.
Avec Ennius finit l'universalité des anciens poètes de Rome. Jusque-là ils avaient fait œuvre de langue de versification, de poésie, dune manière générale, avec lambU;on de fonder toute une littérature, mais sans vocation particulière pour un genre déterminé. Ils embrassaient tous
1. Cic. JlnU. c. XV..., «x; O^'-.XLV, Li: Varr De îm-, (a^vi. oA o«^ TVne niid rp^irrare est < orné par Gicéron, oraf. li, ieieï>ie ci fd . out?par tlan k, 0. Ennii Mel, 1807, p. .109, d'après des passi e^ ou Ue' quesiio A de celte exvve..\onlongi renus\^ lequel e Ennius dt'.si.naU ses hexamètres Cic. De H- ^"' ^7 ; m^ On^- i,