‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 188 sur 513 · M. Vahlen ne conserve pas dans ro"/^-^^^',t-f · texte numérisé non relu

M. Vahlen ne conserve pas dans ro"/^-^^^',t-f

2. Voyez Klus^mann, De Cn. Ni no, lena, 184.i, p. :^^»; -^^^f; ..^

3. Vinjii intrrvntJa Maïo cdili, p. 45. On lit amms dans le texte donne par M. Vahlen, p. 81.

ENNIUS

les genres à la fois dans leurs essais multipliés. Désormais ils se réduisent à des inspirations plus spéciales; ils se partagent davantage entre la tragédie et la comédie, préoccupation principale du sixième siècle et d'une grande partie du septième : la satire qui se montre avec éclat au commencement de ce dernier; Tépopée, l'ode, la poésie didactique qui en marquent glorieusement la fin, préparant et annonçant déjà les chefs-d'œuvre du siècle d'Auguste. De là plusieurs familles de poètes, sortant toutes, comme d'une souche commune, du vieil Ennius. Il se disait Homère rendu aux Romains par la métempsychose. Les Romains le prenaient au mot et l'appelaient leur Homère. Comme Homère chez les Gncs, il semble dans la poésie latine le fondateur de tous les genres, Tancêtre commun de tous les poètes ; et d'abord, des pcétes tragiques, par lesquels il est de notre sujet de conclure cette revue.

A Ennius succèdent, dans la tragédie, son neveu Pacuvius, f:t Attius, dont les longues vies, dont les nombreux ouvrages conduisent l'art tragique fort avant dans le septième siècle. Hs imitent les tragiques grecs, et, parmi eux, plus particulièrement Euripide, le plus voisin par sa date, le plus accessible par ses défauts et aussi par le caractère de ses beautés, le plus en rapport avec l'esprit philosophique introduit de bonne heure à Rome. Ils les imitent avec une liberté croissante, mêlant les modèles, s'aventurnnt quelquefois à des changeraent.<î qui leur sont propres. Ils s'élèvent même à des conceptions originales dans leurs fables prétcxteSj dont la pliis célèbre est le Brutus d'Attius, pièce durable, destinée -encore par le second Brutus à solenniser les jeux de sa jréture, au temps du meurtre de César. Ils ne le font pas sans succès, quoi qu'on en ait dit. Leur tragédie trouve Rome altentiv^e et la charme. L'écho des applaudissements qu'elle reçoit se fait en quelque sorte entendre chez Cicéron, qui la sait par cœur et ne peut se lasser de la citer. Elle a de l'élévation, de l'énergie, de la hardiesse, du tragique;

.... Spirat traiMCum salis et féliciter audet

ENNIUS

corrme dit Horace * ; elle ne se hasarde pas sans gloire dans des siijels romains,

Nec minimum meruere decus vestigia graeca Ausi deserere et celebrare domestica facta.

C'est encore Horace qui le dit^ et c'est un juge peu prévenu en faveur de cette antiquité. Mais elle parle une langue destinée à vieillir, à passer, qui ne pourra la conserver; et, quand viendra une langue meillLure, celle de Varius et d'Ovide, déjà le théâtre tnigique appartiendra aux

pantomimes.

J'arrête ici ce tableau rapide, par lequel je pensa avoir fait connaître, avec la matière des deux recueils dus à MM. Ribbeck et Yahlen, le juste intérêt qui s'y attache. J'en reprendrai prochainement certaines parties dignes d'une plus particulière attention et j'entrerai dans des détails propres à faire apprécier le savoir et le sage esprit de critique qui ont présidé à la nouvelle restauration de ces curieux débris d'une littérature perdue.

Parmi ces œuvres si diverses d'Eonius, dont nous avons précédemment marqué la place dans le premier développement des lettres romaines, arrêtons-nous de préférence à la plus considérable, à la plus célèbre, à celle qui a fait surtout la gloire du poète et qui a dû aussi exercer plus particulièrement le savoir et la sagacité de son récent

éditeur. .

Rome, on le sait, pendant plus de cmq siècles, n eut d'autre histoire que ces tableaux officiels, appelés Annales, où le grand pontife inscrivait, avec les noms des magistrats de Tannée, l'indication succincte de ses faits les plus mé-

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