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Pués:e latink.
LA POESIE LATiNE
Gicéron, dans un autre poëme, sous le lilre de Limon, Àsiaojv qui veut dire prairie, jardin, donna un recueil de portraits, dont quelques-uns étaient des portraits de poêles. Nous avons celui de Térence, auquel il semble que César ait voulu répondre dans les vers si connus où il refuse à Térence la force comique.
Mais le sujet favori de la poésie didactique, à cette époque, c'étaient les sciences astronomiques, physiques, géographiques; c'était surtout la philosophie. Varron d'Atax avait rédigé une cosmographie, ou une chorégraphie, on ne sait, une description du monde ou de la terre, en vers assez obscurs et assez pénibles à ce qu'on croit, et à ce qu'on peut croire d'après l'échantillon qui s'en est conservé. Gicéron fut plus heureux dans sa traduction des Phénomènes d'Aralus, ouvrage dejsa jeunesse, qu'il compléta dans ses vieux ans par la version des Pronostics du même poëte. Ges productions alexandrines jouissaient alors d'une grande faveur, qu'elles justifiaient moins par l'originalité de la composition que par l'artificielle élégance du langage. L'ouvrage de Gicéron n'était pas non plus sans mérite. Ses vers sont durs d'accord, mais ils ne manquent ni de force, ni d'éclat; ils ne méritent pas surtout le mépris qu'on leur a depuis prodigué. Gicéron, nous dit Plutarque, était alors le premier poëte comme le premier orateur de Rome. Mais il ne devait pas longtemps garder ce rarg. Déjà était né, déjà s'élevait dans Rome, déjà étudiait, pensait, écrivait, celui qui devait l'effacer, plus que cela, le rendre ridicule par le contraste, l'auteur de l'admirable, de l'immortel poëme De la Nature, La philosophie était à Rome contemporaine de la poésie; toutes deux y étaient arrivées ensemble, et même la poésie avait servi d'introductrice à sa compagne. Le vieil Ennius avait enseigné en vers les doctrines pythagoriciennes d'Épicharme. Lucrèce, à son exemple, professa, en vers aussi, la philosophie d'Épicure. Parmi tous ces systèmes qui, de leur terre natale, s'en venaient chercher fortune à Rome, deux surtout avaient prévalu par leur utilité pratique, systèmes bien divers, mais dont on tirait cependant le même parti dans 'i pplication. En ce siècle malheureux, le stoïcisme
jusqu'au siècle d'auguste. 61
appi-enait à résister à la tyrannie par la puissance inviolable de 1 ame, et l'épicuréisme olïrait aux opprimés.l'asile également inviolable du néant. Lucrèce traitait donc un sujet d un intérêt tout présent, tout actuel, mais, on l'a dit souvent, bien rebelle à la poésie. Que faire de cette physique obscure et souvent absurde, de ce scepticisme, de ce nihilisme désolants, de cette morale sèche et aride, romrre son principe, le néant? Lucrèce cependant sut réchauffer cette matière ingrate par sa vive sympathie pour les maux de l'humanité, sa confiance dans les remèdes qu'il leur apportait, l'ardeur de sa conviction, de son prosélytisme, surtout par une imagination merveilleuse et toute-puissante, à laquelle il était donné d'animer tout ce qu'elle touchait, jusqu'à cette poussière métaphysique dont Epicure avait construit son univers. A l'apparition de cet ouvrage extraordinaire, isans doute un cri d'admiration révéla aux Romains que la haute poésie qu'ils cherchaient depuis tant d'années était enfin trouvée. Lucrèce effaça pour jamais, frappa de mort tout ce qui l'avait précédé en ce genre; il suscita tout ce qui vint après lui. G'est sous son patronage que se place modestement Virgile dans ces vers si connus :
Félix qui potuit rerum cognoscere causas.... Fortunatus et ille deos qui novit agrestes*.
Get inventaire, que je fais, si fort à la hâte, ces richesses en partie perdues de la poésie latine au septième siècle de Rome, ne sera complet que lorsque j'y aurai compris les poèmes historiques et épiques. Je me sers à dessein de ces expressions pour désigner deux sortes d'ouvrages, de genres analogues et cependant distincts : les premiers qui empruntaient leurs sujets à l'histoire, à l'histoire nationale et même contemporaine; les seconds qui les demandaient encore à l'antique mythologie. Ainsi, d'une part, Hostius, vers le commencement de ce siècle, à ce qu'on peut croire, traitait en vers le sujet assez ingrat de la guerre d'Istrie; Furius d'Antium, comme on l'a conjec-