‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 190 sur 513 · Epist., II, I, 50 sqrj. — 2. Cic. de OraK m · texte numérisé non relu

Epist., II, I, 50 sqrj. — 2. Cic. de OraK m

PlKS E LATINE. y

LES ANCIENS POETES LATINS

ENNIUS

Il s'était préparé pour lui-même cette inscription où éclatait éloquemment le double orgueil du citoyen et du poète, sa confiance dans la durée du monument élevé par lui, non-seulement aux lettres naissantes de Rome, mais à sa gloire politique et guerrière :

Contemplez, ô citoyens, dans cette image, les traits du vieil Ennius. Voilà celui qui raconta les hauts faits de vos pères. Que nul ne prétende m'honorer par des larmes, des cris funèbres. Pourquoi? parce que, vivant encore, je vole sur les lèvres des hommes.

Aspicite, o cives, senis Ennl imagini' formnm. Hic vestrum panxit maxima facta palrum.

Nemo me lacrumis decoret, neque funera fletu Faxit. Gur? voUto vivu' per ora virum*.

. Cette vie promise par Ennius à son poème ne lui a pas manqué. Elle nous est représentée, dans le siècle suivant, par tant de souvenirs des Annales qui se retracent, en toute occasion, à la mémoire éruditô de Gicéron. Il les savait par cœur, on serait tenté de le conclure de ce que rappelle Quintilien*. Certain témoin, qu'on appelait Sextus Annalis, ayant chargé un client de Cicéron, et pressant ce dernier de répondre par cette interpellation plus d'une fois répétée : Eh bien, Marcus Tullius, qu'avez- vous à dire de Sexlus Annalis, num quid potes de Sexto Annali? l'orateur, comme s'il se fût mépris sur le sens des derniers mots, ré-

1. Cic Tusc. I, 15, 49 ; De Senect. XX. Cicéron, oppose le langage d'Ennius à celui de Solon dms une épi'aphe rapportée par Plutarque {Comp. Solonis et Publicoljc, i), qu'il traduit ainsi :

Mors mea ne careat Iicrimis: lii.quamus amicis Mœrorem, ut célèbrent funera cuin gemitu.

Puisse ma mort n'être point sans larmes ! Laissons la douleur après nous chez nos amis; qu'ils accompagnent de leurs gémissements nos funérailles l

Comme les vers de Solon étaient, selon Plutarque, une réplique à des vers de Mimnerme, M. Vahlen, en conclut, p. xc, qu'Ennius a imité Mimnerme.

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