Hep. V, 1. apud D. Aug., De civ. Dei, II
il ïi\? vers avait été placé, par conjecture, dans l'endroit du Vlivre où U était question du sacrifice fait à la discipline militaire par T. Maniius,
20 LES A^•CIENS POETES LATINS
Ces passages, auxquels on pourrait en ajouter beaucoup d'autres, montrent assez quelle place occupait une poésie si romaine dans les pensées non-seulement de l'ami des lettres et du philosophe, mais du politique.
Elle enchantait en cet Tige les poètes eux-mêmes. Lucilius, il est vrai, l'avait comprise dans les sévérités de sa critique*, ce qui ne l'avait pas empêché, nous avons ses vers, de nommer avec l'Iliade les Annales, comme exemple du sens plus étendu par lequel il distinguait du mot jmma le moi poesis. « Poema, disait-il, n'est qu'une partie d'une œuvre plus longue. Poesis, voilà le tout, voilà l'œuvre; comme l'Iliade, composition suivie, une et complète; comme les Annales d'Ennius.... »
Gujusvis operis pars est non magna poema. 111a poesis opustotum, ut tota Ilias una Est Oéaiç, Analesque Enni....*
Tout techniques que soient ces vers, l'accent de l'admiration ne laisse pas de s'y faire entendre. Mais qu il éclate avec plus de force et de charme dans ces autres vers, où plus tard Lu'îrèce, au sujet même des Annales et de ce songe pylhagorique qui les ouvrait, avait parlé de Téiernité des vers d'Ennius,
Ennius seternis exponit versibus edens,
avait montré Ennius rapportant le premier de l'aimable Hélicon une couronne d'une perp'tuelle verdure :
Ennius ut noster cecinit qui primus amœno Detulit ex Helicone perenni fronae coronam*.
Ennius, prenant l'avance sur ses panégyristes, ne s etait-
-qui lui immola son propre fil^. Il ne semble pas^ on doit le dire, sans (uielque confoi aiité avec les paroles que prêle Tite Live à cet inflexible et cruel gardien de^ anciennes maximes. M. Vahlen l'a replacé parmi les fra(jmenla incertœ scdis.