Ibîd. Magnam partem. —3. Ibid. Cuncta simul
32 LES ANCIENS POETES LATINS
Quocum molta volutat' gaudia claiiique palamque; Ingenio quoi nulla malum sententia suaaet, Ut faceret f.icinuslevis aut malus; doctu', fidelis, Suavis homo, facundu', suo contenlu', beatus, Scitu', secundaloquens in tempore, commodu', verbûm Paucûm; molta tenens antiq la, sepolta, vetusta. Quas faciunt mores veteresqiie novosqiie tenentem*; MoUarum veterum legum* Divumque hominumqiie Prudentem ; qui multa loqui ve tacere ve posset. Hune inter pugnas compellat Servilius sic.
Ce beau portrait d'Ennius par lui-même, qui honore tant son caractère et son talent, est un des débris les plus considérables qui soient restés de ses Annales y un de ceux qui, faisant le plus ngrelter la perle du monument, ont surtout suscité, au seizième siècle, cts restitutions de l'œuvre du poète auxquelles nous aurions mainterant à comparer ce qui y répond dans le recueil nouveau de M. Vahlen. Mais la place nous manque pour ce parallèle. 11 convient de le renvoyer à un prochain article.
Le regret des Annales d'Ennius, d'une production autrefois si admirée, et qui, si elle se fiit conservée, eût jeté tant de lumière, non-seulement sur le développement des lettres latines, mais (l'usage qu'a fait de ses débris Niebuhr le montre bien) sur Thistoire de Rome elle-même, a été exprimé par Joseph Scaliger, d'une manière piquante. Voilà ce qu'on lit dans le Scajgerana : « Eunius, poeta antiquus, magnifîco ingenio. Utinam haberemus integrum et amisissemus Lucanum, Statium, Silium Italicum ci tous ces garçons-là, » Le latin de celte boutade est très-clair, mais le français qui s'y mêle n'a pas paru
1. Ibid. Volup ac. — 2. Ihid. Veluslas Quem fecit mores, etc. 3. Ibid. Multorum veterum loges.
ENNIUS
letre autant. LaMonnoye* a proposé de lire : et tous ces Gascons-la, ce qm, selon lui, marquerait la différence du s y e naturel dLnnius au style endé de Lucain, de Stace et de bilius, mais surtout de Lucain et de Stace
Dès 1564, les Annales d'Ennius avaient pris place parmi les restes de I ancienne poé.ie latine rassemblés pL les Estiennes; place bien étroite encore et à laquelle, chos^ étrange, n ajoutèrent rien les grandes collections publiées en 1611, 1617, 1627, 1640, sous le ti.re de Co^i 1 nium poetarum lalinorum. Et cependant, bientôt anr^. en 1590 et 1595, à Naples et à Dordrecht, des Lud s 1 un dont de Thou s'est souvenu dans son Histoire, Jérôme Colunina, de l'illustre famille des Colonne, l'autre Paul Merula, c est-à-dire Van Merle, s'étaient a'ppliqués près que a la fois a restituer le monument épique d'Ennius par une recherche, par une disposition nouvelle de tout ce qui avait pu s en conserver dans les ouvrages des anciens et notamment dans ceux des grammairiens où les vers du vieux poète reviennent si souvent pour constater certaines formes archaïques de langage, de versification. De ces fragments, dont il s'agissait de renouveler l'inventaire quelques-uns étaient donnés comme ayant appartenu à un livre détermine des Annales; d'autres, en plus grand ^oZ bre, aux .4;ma/e5 seulement, sans distinction de livred autres a Ennius, sans indication d'ouvrage : il v en avait enhn que n'accompagnait point un nom d'auteur, mais ani pouvaient raisonnablement être attribués à Ennius et ran portes a ses Annales. Nos deux curieux et diligents coJlec-" teurs, aides des communications bienveillantes de leurs sa vants amis, dans ces correspondances qui étaient alors pour la science ce qu'a été depuis la presse, les rassemblérent, les expliquèrent, les coordonnèrent, s'efforcèrent avec un zèle naturel chez ces amants passionnés de l'amiqmté, mais trop souvent indiscret et téméraire, quelquefois même, on 1 a pensé, peu scrupuleux, d'en former un ensemble propre à donner l'idée de l'œuvre totale d'Ennius