‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 200 sur 513 · Epist. V · texte numérisé non relu

Epist. V

il avait été à même, pendant un court séjour à Paris, de le consulter à la hâte dans la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Victor, où il lui semblait assez mal gardé et exposé aux entreprises de lecteurs infidèles : prévoyance un peu singulière, qui ne devait être que trop justifiée par l'événement, nul, après lui, n'ayant revu le manuscrit et pu, par conséquent, vérifier l'authenticité de ces passages des Annales, de ces parallèles de vers d'Ennius et de Névius, que l'heureux Merula en avait tirés,

L'Eunius de 1590, les Amiales de 1595 ne devaient reparaître dans de nouvelles éditions que bien tard : l'ouvrage de Golumna en 1707, à Amsterdam, grossi par un professeur Hollandais, Hesselius, des notes de divers savants, ainsi que d'un précieux index de tous les mots employés par Ennius; l'ouvrage de Merula, extrait, comme pour mémoire, à la fin du précédent, seulement en 1825, à Leipsick, par les soins fort bien entendus d'un élève de Heyne, M. E. Spangelberg. Le nouvel éditeur n'a pas rendu au public savant l'œuvre, devenue rare, de Merula, sans l'avoir notablement améliorée : il l'a disposée dans un ordre plus commode pour la lecture et pour l'étude; il l'a débarrassée des superfluités érudites dont on surchargeait les livres au seizième siècle ; il a réduit le luxe d'antique orthographe qu'elle prodiguait au vieil Ennius ; il l'a utilement modifiée par transpositions, suppressions, quelquefois même additions; enfin, il y a joint, addition heureuse, une restitution, faite sur le même plan, de la composition épique qui avait précédé les Annales, de la Guerre punique de Névius*.

Quels que soient ces mérites, longtemps appréciés et auxquels je ne veux rien retirer, ils n'ont pas changé, tant s'en faut, le caractère primitif de l'ouvrage, qui a fini par être en désaccord avec les procédés d'une critique devenue plus sévère. Le besoin s'est fait sentir d'un nouveau recueil des fragments d'Ennius, oii ne fussent admis que des textes d'une authenticité et d'une exactitude à peu près in-

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