‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 208 sur 513 · In ^/j. VIII · texte numérisé non relu

In ^/j. VIII

ENMUS.

certainement sans gagner beaucoup h être ainsi transplantés, des Annales dans V Enéide. Supposons donc, pour un moment, que c'est, non pas l'art de Vulcain forgeant le bouclier d'Énée, mais l'art d'Ennius, qui est célébré dans ce passage de Virgile :

Il avait représenté, couchée dans l'antre de Mars, parmi de vertes broussailles, une louve nouvellement mère : à ses mamelles pendaient deux enfants jumeaux qui semblaient se jouer, suçant sans eflVoi leur nourrice ; elle, inclinant vers eux la tête, les flattait tour à tour, et, de sa langue, façonnait leurs membres.

Fecerat et viridi fetam Alavortis in antro Procubuisse lupam ; geminos huic ubera circum Ludere pendentes puero.s, et Limbere matrem Impavides ; illam lereti cervice reflexam Mulcere alternos, et corpora fmgere lingua '.

Quelques fragments sans grande valeur nous font passer rapidement de cette peinture, dans laquelle, à travers la pureté et l'élégance virgiliennes, il faut deviner les rudes touches du vieux poëte, à une autre tout entière de sa main. On y retrouve les deux frères arrivés à l'âge d'homme, comme au rang suprême, et prenant ensemble les auspices pour décider qui nommera, qui gouvernera la ville qu'ils ont fondée. C'est encore Gicéron, grand titre d'honneur ! qui nous l'a conservée dans un autre passage de son traité de la Divination^, où il l'a citée pour établir l'antiquité de l'art augurai. Elle était digne de se graver dans la mémoire d'un augure par une gravité sacerdotale à laquelle ajoutent encore Temploi hardi de certains termes sacramentels' et même les rudesses, les raideurs des formes archaïques; dans la mémoire d'un Romain, par le sentiment profond de la grandeur consacrée des origines de Rome.

1. Cf. Cic. De suo Consulatu;de Divviat. I, 11-13; Ovid. Fasi. Il 417. '

3. Àuspiciutn auguriumque, seriare avem, avis pukher, prœpes. Voyez, sur l'acception augurale de ce dernier mot, Aulu-Gelle, Noct. au. VI, 6.

LES ANCIENS POETES LATINS

Tous deux, également épris du trône, s'occupent à la fois du soin de décider leur querelle par les auspicts. Ici se place Rémus attentif au vol des oiseaux ; et là, sur le haut Aventin, le beau Romulus attend aussi leur passage. Il s'agissait de savoir si la ville nouvelle s'appellerait Rome ou Rémora, qui des deux frères y commanderait, et tout le peuple était dans l'attente. Quand le consul va donner le signal de la course, tous les regards S3 portent avidement vers la barrière colorée d'où s'élanceront les chars. Ains" ce peuple attendait immobile qui vaincrait dans cette grande lutte et qui serait son roi. Cependant le pâle soleil de la nuit s'est retiré dans les ténèbres; l'aube a lancé ses rayons dans le ciel éclairé : alors on voit venir de loin, volant à gauche et d'un vol propice, une troupe d'oi • seaux, et, en même tem[>s, le soleil se lève. Ils approchent, e\ sur le ciel, sp distinguent trois fois quatre oiseaux, troupe sacrée, volant à tire-d'aile dans une direction favorable. Romulus comprend que la première place lui appartient, et que les auspices lui donnent le trône.

Curantes magna cum cura, tum * cupientes Res-ni, dant operam simul auspicio augurioque. .... * Remus auspicio se devovet atque secundam Solus avem servat. At RomuUi' pulcher in alto Quaerit Aventino, servit genus altivolantum. Certabant urbem Romam Remoram ' ne vocarenl. Omnibu' * cura viris uter esset induperator. Expectant veluti, consul cum mittere signura Volt, omnes avidi spectant ad carceris oras, Qnam ^ mox emittat pictis e faucibu' currus : Sic expcctabat populus atque ora tenebat Rébus, utii magni Victoria sit data regni. Interea sol albu' ® recessit in infera noctis. Exin candida se radiis dédit iota foras lux;

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