‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 210 sur 513 · De re rustic. III, i. Cf. Sueton. Vit. Aug, vu · texte numérisé non relu

De re rustic. III, i. Cf. Sueton. Vit. Aug, vu

ENNIUS

des consonnances, comme dans ce vers sur Tapparition des Sabines éplorées entre leurs époux et leurs frères :

Mœrentes, fientes, lacrimantes, commiserantes ' ;

par exemple de l'allitération, celte grâce un peu grossière de l'antique poésie, fort prodiguée par Ennius, et dont il n'a jamais peut-être usé plus étrangement que dans cette apostrophe à Tatius :

0 Tite, tute, Tali, tibi tanta, turanne, tulisti*?

Transportons-nous, pour clore enfin notre analyse, à ce qui achevait, avec ce premier livre, ce qu'on pourrait appeler l'épopée de Romulus.

Dans la description de la tempête où avait, racontaiton, disparu le premier roi de Rome, se trouvait peut-être cette expression, porta cœli^^ traduite d'Homère*, transmise à Virgile :

Quem super ingens.

Porta tonat cœli * ;

et dont la filiation généalogique charmait, a dit malignement Sénèque% la curiosité futile des grammairiens.

Pi;is venaient les regrets donnés par les Romains à leur roi, regrets éloquents que nous fait connaître une de ces citations de Cicéron, si précieuses pour la gloire d'Ennius :

Leurs cœurs sont pleins de regret; ils se disent entre eux : 0 Romulus, Rcmulus, quel défenseur les dieux nous avaient donné en toi! 0 sang des dieux, père, auteur de la patrie, c'est toi qui nous as produits à la lumière du jour.

Pectora.... ' tenet desiderium, simul inter

1. D'autres ac miserantes. Diomed. II; Charis. IV ; Donat. De specie schcmatum, xni. Le vers est un peu difTércramcnt rapporté dans la Rhit. ad Herenn. lY, 12: Fientes, plorantes, lacrimantes, obtcstanles. Le tout est donné en deux vers dans l'édition de M. Spangelberg, co qui prête à Ennius un singulier abus de l'oixoiônTcoTov.

2. ithet. ad llercnn. IV, 12 ; Priscian. XII ; Charis. IV ; Isid. Orig. I, 35, etc.

3. Gramm. anonym. Vovez. Columna. — 4. Iliad. VIII, 393. 5. Georg. III, 2G0. — G.Epist. CVllI.

7. La lacune laissée ici par M. Vahlen est remplie, dans le mai:u-

kl

Sese sic memorant : 0 Romule, Romule die, Qualem te patrie custoiiem di genuerunt! 0 pater, o gcnitor, o sanguen dis oriundum, Tu produxisti nos intra luminis oras '.

Enfin, Julius Proculus consolait ce peuple affligé en lui affirmant que son roi, admis dans le ciel, partageait l'existence divine des immortels auteurs de sa naissance, et peut-être en adorant avant tous Romulus divinisé sous le nom de Quirinus, comme sa femme Hersilie sous le nom d'Hora.

Romulus in cœlo cum dis genitalibus asvum Degit *

.... Quirine pater, veneror Horamque Quirini*.

Ainsi se terminait ce premier livre des Annales, le plus épique de tous, parce qu'il était le plus rempli de fabuleuses merveilles. Dans un troisième article, je rechercherai, à l'aide surtout du recueil de M. Vahlen, selon quelles proportions l'histoire se mêlait à la fable dans les livres suivants; comment s'y distribuait la matière historique, toujours croissante, qui s'offrait au poète disciple d'Homère; comment il lui avait appliqué les procédés de composition de l'épopée homérique.

Le merveilleux épique placé par la croyance populaire elle-même au début de la chronique d'Ennius, dans le récit du règne de Romulus, on Ta vu, dans celui du règne de Numa, à qui, selon les paroles du poète, se faisait entendre la douce voix d'Egérie,

scritdu De RepuUica, par diu, que n'admet pas la mesure du vers, et, d'une seconde main, dia. D'autres ont lu dura, fida.

1. Cic. de Ilepublj I, 41 ; Lactant. Inst. div. I, 15; Priscian. Vî.

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