Hist. XXXIV, 2. Cf. Zonar. Ànn.lX
5. Priscian. X. Il y a dans Tite-l.ive (Hist. XXIV, \3\ allégué par Merula, une haran^'ue militaire de Caton, commençant a peu près do môme : « Temiuis, fiimd sœpe oplastis^ venit, quo vobis potestas fiefet virtulem vestram experiii. »
ENNIUS
sous les yeux. Il faisait aussi parler, sans doute d'après la tradition, des personnages étrangers, mêlés à l'histoire de Rome; au VP livre, par exemple, et bien noblement, bien éloquemment, Pyrrhus rendant à Fabricius, sans rançon, les prisonniers romains :
Je ne demande point d'or, je n'accepte point de rançon. Ne trafiquons point de la guerre, mais combattons, et que le fer, et non l'or, décide de notre vie. L'empire est-il pour vous ou pour moi? Que fera de nous le sort, ce maître souverain? Cela dé pend de notre courage. Recevez de moi cette parole : Ceux d'entre vous dont le sort du combat a protégé la vie, je veux protéger leur liberté. Emmenez ces captifs, je vous les rends, je vous les donne, si c'est la volonté des dieux.
Nec mi aurum posco, nec mi pretium dederitis : Non cauponantes bellum, sed belligérantes, Ferro, non auro, vitam cernamus utrique. Vosne velit an me regnarc, hera quidve ferat Fors, Virtute experiamur. Et hoc simul accipe dictum : Quorum virtuti belli fortuna pepercir, Eorundem liber tati me parce re certum est. Dono, ducite, doque, volentibu' cum magnis dis*.
«Paroles bien dignes d'unroietdusangdesÉacides,» s'écrie Gicéron, qui les cite. Il est honorable pour le poëte de les avoir trouvées, et, pour le Romain, d'en avoir er nobli le rôle d'un ennemi. Ennius avait encore prêté des discours, livres VHP, XIIP, XIV*, à Annibal, à Antiochus, et, au premier, des discours éloquents, si l'on en juge par ce passage * d'un tour si vif, et qui paraît surtout tel, rapproché de la paraphrase de Silius Italicus ^ :
Qui frappera l'ennemi sera pour moi Carthaginois. Hostem qui fcriet mihi erit Karthaginiensis.
1. Cic. De Offic. 1, 12. Cf. Serv. in jEn. X, 532; XII, 709. Voir aussi E. Egger, Mémoires d'Histoire ancienne et de philologie, 1863, p. 316.
2. Fragm.x.— 3. Fragm.iv.— 4. Frag.vm.— 5. Cic. JPro ^a/bo, XXII.
6. Qui vero externo socius mihi sanguine Byrsas Signa moves, dextram Ausonia si caede cruentara Attolles, hinc jam civis Carthaginis e?to.
i Punie. IX, 209.) Cf. T. Liv. Hist. XXXI, 45.
LES ANCIENS POETES LATINS
Ainsi dans cette œuvre, où l'histoire tenait une si grande place, l'intelligence, le sentiment du caractère de l'ancienne Rome, de ses actes, de ses grands hommes; les graves moralités, les sérieuses prévisions de l'avenir; les portraits, les entreliens, les discours; une éloquence, écho de Téloquence réelle, répétant, ou peu s'en fallait, les paroles des acteurs eux-mêmes: tel était le fond principal des récits. A côté se plaçait une imagination de poëte colorant vivement les choses du passé ou du présent. Il s'en est conservé quelques traits frapp'-ints; le suivant, entre autres, appartenant, on n'en doute pas, au passau^e du 11^ livre qui retraçait l'atroce supplice de Mettius Fulfelius, le dictateur des Albains, écartelé par ordre de Tullus Hoslilius.
Un vautour dévorait, parmi les ronces, ^.j nuvV.niureux, ensevelissant, hélas! ses membres dans quel cruel sépulcre!
Volturus in spinis mis'^rnm mandehat homonem. Heu! quaiu crudeli condebit m^-mbra sépulcre * !
Cette image, d'une énergie quelque peu hasardée, se retrouve chez un grand admirateur d'Ennius qui, avant Virgile, lui a dii beaucoup, chez Lucrèce, quand il peint les premiers humains surpris, sans défense, par les bêtes sauvages, leur olïrant une proie vivante, et voyant leurs membres palpiiants s'ensevelir dans un sépulcre animé :
Viva videns vivo sepeliri viscera busto'.
Quant îiceq- i précédait, Virgile, k son tour, on l'a cru et c'est aussi l'opinion de M. Vahlen, en avait reproduit quel- (|ue chose, lorsque, parmi los représentations prophétiques du boucli r d'Énée, il retraçait le trépas du perlide mais malheureux Albain, son corps déchiré en lambeaux par des chars rapides, poussés au sens contraire, Tullus dispersant