‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 219 sur 513 · Priscinn. VL Serv. in ^En. VI, nOo · texte numérisé non relu

Priscinn. VL Serv. in ^En. VI, nOo

Q. Ve Sut ver. V, 'JOl. Cf. Uvid. Mclam. VI, GG5.

ENNIUS

dans les bois ses entrailles et les ronces dégouttant de son

sang :

Raptabatque viri merdacis viscera Tullus

Per s^'lvam et sparsi ro:abant sanguine vêpres*.

Cette vivacité, cette énergie de pinceau, sensible encore dans presque tous les fragments des A7inaleSf devait surtout animer les descriptions de bataille de l'ancien centurion. Nous n'avons pas ces descriptions, mais seulement leurs pièces éparses et en grand nombre. Elles rendent présent véritablement à ce qui y est exprimé, et que peignait d'original le poëte d'après lequel^, ainsi que d'après Homère, Virgile a peint les mêmes choses. C'est, donnant le signal, la trompette qui se répand en sons aigus :

Inde loci lituus sonitus eflundit acutos* ;

c'est un cri qui b'élève au ciel, s'échappant à la fois de deux armées :

ToUitur in cœlum clamor exortus ulrimque*;

c'est la cavalerie qui s'avance, et le pas des chevaux qui ébranle et fait retentir la terre :

It eques, et plausu cava concutit ungula campum» ;

ce sont les lances pressées dont la plaine semble se hérisser:

Densantur campis horrenlia tela virorum'*;

ce sont les javelots qu'on lance et q.i tombent comme une pluie de fer:

Hastati spargunt Iiastas, fît fcrreus imber^;

c'est la mêlée, le pied pressant le pied, les armes s'entre choquant :

Pes premitur pede et armis arma teruntur*.

• 1. /En. Vill, GV2.

2. « Eniiiana est istn orr.-nis ambitiosa descriptio, » dit Servius des vers 6l'8 et suiv. . du XI* livre di; \ Enéide. II si^'iiale, ainsi que Macrobe, dans les batailles de Virgile, bien d'auties emprunts faits à celles dt-nnius.

3. FesL V. Liimis. — 4. Macrob. Sat. VI, i. — 5. Macrob. ihid. 6. Priscian. IX.— 7. Macrob. 5af. VI, i. — B.liht. Bdl. Hispan. c.xxxi.

LES ANCIENS POETES LATINS

Ce sont quelquefois, parmi ces grands traits, ces images générales, des actions pa liculiôres, comme chez Homère, et même à son exemple. L'héroïsme d'Ajax*, combattant seul contre des ennemis sans nombre, avant de se reproduire, comme un lieu commun épique, dans le Turnus de Virgile», le Scéva de L'icain*, le Tydée de Stacc*, le Soliman du Tasse', avait inspiré à Ennius, souvent témoin d'ailleurs, dans les années romaines, d'exploits de ce genre, une belliqueuse peinture. Elle n'était point imaginaire; elle retraçait un fait de la jzuerre d'istrie, sujet du XVIII« livre des Annales, le dévouement héroïque d'un tribun, que Tite-Live* nomme M. Licinius Strabo, Macrobe, citant les vers d'Ennius', Gélius, Merula enfin G.Élius par une conjecture approuvée de M. Vahlen, qui s'accorde avec l'indication de Macrobe et avec la présence dans l'armée romaine^ de deux tribuns de ce nom, T. et G. Elius.

De toutes parts, comme une grêle, les traits tooibent sur le bouclier transpercé, sur le casque d'airain du tribun, qui retentissent à la fois d'un bruit aigu et sourd. Nul toutefois, malgré tant d'etforts, ne peut déchirer son corps avec le fer. En vain se multiplient les javelots, il les brise, il les arrache. Son corps se fatigue et se couvre de sueur; il ne peut respirer, car les Istriens ne cessent de faire voier sur lui leurs traits rapides.

Undique conveniunt velut imber tela tribuno : Gonfigunt parmam, tinnit hastihbus umbo jErato sonitu galeœ : sed nec pote quisquam Undique nit'-ndo corpus discerpere lerro. Semper abuudantes hastas frangitque quatitque ; Totum sudorhabet corpus, multumque laborat; Nec r.'spirandi fît copia : praepete ferro Histri tela manu jacientes soUicitabant.

Ennius, disciple d'Homère, a dû, comme lui, interrompre fouventle cours du récit épique, par ces comparaisons qui y font intervenir, épisodiquement, les scènes variées

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