Vv. flaminius, Camillus
LES ANCIENS POETES LATINS
Poussière d'hiver, boue au printemps, t'annoncent, mon fils, une abondante récolle de froment.
Je cite cet antique précepte d'après la restitution qui en a été faite en vers saturniens*, ne doutant pas, mal^^ré de fort savants doutes S qu'il n'ait été donné sous forme métrique. Le mot carmen que lui app'ique Fesîus ne sufrirait pas, je le sais, pour établir la chose, carmen s'étant dit souvent de simples formules, comme, par exemple, celles des lois. ' Mais Macrobe, citant le même p:issage\ ajoute à la qualification de Festus cette autre exprest^ion : rusticum vêtus canticum. C'est dans un chapitre où il remarque que le docte Virgile paraît s'être souvenu de son prédécesseur gnomique, lorsqu'il a dit dans ses Géorgiques' :
Demandez aux dieux, laboureurs, des étés humides, des hivers sereins. La poudre de l'hiver fait la joie des blés, la joie de la campagne.
Humida solsticia atque hiemes orate serenas, Agrii.'olse, hiberne lastissima pulvere farra, Lœtus ager.
Virgile, on le voit, ne méritait pas que Pline* imputât malignement « à la fécondité luxuriante de son génie poétique » ce qu'il tenait de la tradition, ce qu'elle avait consacré.
Au cinquième siècle de Rome on rencontre un monument de poésie gnomique plus distinct. Ce ne sont plus des vers anonymes, ou portant le nom d'un personnage