‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 23 sur 513 · lacî. et Dict. memorahil., III; vu · texte numérisé non relu

lacî. et Dict. memorahil., III; vu

poêles se réunissaient sans doule pour se lire leurs vers et les soumettre à la critique de leurs confrères, n'est pas sans ressemblance avec les réunions volontaires d'hommes de lettres qui précédèrent l'Académie, et auxquels le prudent Conrart prêta d'abord sa maison.

D'une autre part, Horace et ses scoliastes* nous apprennent qu Auguste, ayant érigé sur le 'mont Palatin un temple à Apollon, fit placer dans cet édifice ou dans ses dépendances uue bibliothèque destinée surtout à recevoir les productions contemporaines les plus remarquables, et les bustes couronnés de lierre de leurs auteurs; qu'il voulut que l'honneur d'être admis dans cette espèce de Panthéon littéraire fût disputé par les poètes devant cinq juges, en tête desquels siégeait un homme dont Horace a vanté' le discernement, jadis, selon Gicéron, censeur du théâtre de la république, aujourd'hui commissaire impérial pour les affaires de goût, Spurius Mœcius Tarpa. Audessus de ce président, il y en avait un autre, l'empereur, ou du moins sa statue, inaugurée dans cette bibliothèque, dans cette cour poétique, sous le costume et avec les attributs d'Apollon. G'eet là une espèce de théocratie littéraire qui n'est pas sans analogie avec les vues qui dirigèrent dans rétablissement de l'Académie française son fondateur et premier protecteur, le grand cardinal. On en retrouve une image sensible dans la médaille qui, en 1672, célébra l'installation de cette compagnie littéraire au Louvre même, par les ordres de Louis XIV, et qui portait pour légende ces mots empruntés au souvenir de l'Académie d'Auguste :

Apollo Palatinus.

Gomme Richelieu, comme Louis XIV, comme Napoléon, comme tous ceux qui ont gouverné les hommes par des lois absolues, Auguste avait compris qu ils ont besoin d'être consolés de la perte de la liberté, et que le seul dédommagement, si c'en est un suffisant, qu'on puisse leur offrir, c'est la gloire des armes et celle des arts. Ge fut une des pensées de son règne, de ne leur ménager ni

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