‹ Etudes sur la poésie latine [microform]Chapitre 230 sur 513 · Varr. De Ling. lat. V, 6.ô. — 3. De Nal. deor. H, 'io · texte numérisé non relu

Varr. De Ling. lat. V, 6.ô. — 3. De Nal. deor. H, 'io

4. Fragm. incert. lY, d'après Lucien, Jupit. tragic. Stobée. Eclog. physic. c. m, etc.

LES ANCIENS POETES LATINS

ENNIUS

Adspice hoc sublime candens, quem invocant omnes Jovem*.

Le nom de Jupiter il l'explique, comme Ennius, par son rapport avec le verbe qui veut dire Venir en aide. Jupiter^ id esty juvans pater, quem conversis casibiis appellamiis a juvondo Jovem, Ces sortes d'explications n'étaient pas rares dans ÏEpicharme. Le petit nombre de fragments ou de témoignages par lesquels il nous est connu, en offre d'autres exemples. A la suite d'un des passages précédemment cités, il était dit de la terre, qui donne aux races vivantes des aliments, que parce qu'elle porte les moissons, quod gcrit fruges, on l'appelle Ccrès, c'est-à-dire, selon l'ancienne manière d'écrire le mot, Gérés, De là ce vers complété au moyen de la prose de Varron :

Istaec dat cibaria, atque, quod fruges gerit, Ceres.

On voyait ailleurs que la fille de Cérès, Proserpine, était ainsi appelée parce qu'elle habitait sous la terre, quod solet esse sub terris *; parce qu'elle présidait aux semences qui germent sous la terre, dicta a proserpendo^,,.. quod sata in lucem proserpant *.

Si peu qu'il soit resté de Y Èpicharme d'Ennius, l'étude en est instructive. On y apprend que la poésie latine a philosophé de fort bonne heure, plus d'un siècle avant le poëme De la Nature, que conséqueraraent l'apparition de ce poëme n'a rien eu de fortuit, d'accidentel, qu'il a été comme amené à son heure par un développement régulier. On y apprend encore que quand la poésie latine s'est mise à philosopher, elle l'a fait dans V Èpicharme, aussi bien que dans le pcéme De la Nature, avec une grande liberté à l'égard des dieux reconnus et adorés par l'État. Ce n'est pas qu'en ce qui concerne la religion il ne faille distinguer entre les deux ouvrages. La religion est complètement

1. Avec Ennius, Cicéron eût pu alléguer l'auteur du Chrysès, Pacuvius (Voyez plus loin, p. 147 et suivantes.

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