Arnob. Àdv. génies, IIL i
absente du poëme K i Nature, où les dieux, dérisoirement admis, sont représentés comme étrangers au monde qu'ils n'ont pas créé, qu'ils ne gouvernent pas, sans rapport avec l'homme qui n'a rien h espérer ou à craindre d'eux, ni dans le cours de sa vie mortelle, ni au sein du néant dont elle est suivie. Il n'en devait pas être ainsi de VKpicharmey expression de celte philosophie pythagoricienne qui préposait à la formation, à la conduite du monde une âme universelle, dont étaient émanées, à laquelle retournaient toutes les âmes particulières. Mais, à part cette différence générale, on ne peut être plus d'accord que ne le sont, au sujet du polythéisme officiel, l'auteur de VÉpicharme et celui du poëme De la Nature. Lucrèce adore, en commençant, la mère d'Énée et des Romains : adoration toute politique, toute littéraire. Vénus n'est pour lui que la force de reproduction qui renouvelle et entretient l'univers. Il lui arrive fréquemment de faire intervenir dans son œuvre, Jupiter, Neptune, Cybèle, Gérés, Bacchus, tout l'Olympe mythologique; mais c'est une intervention purement verbale : lui-même a pris le soin d'en avertir :
S'il plait h quelqu'un d'appeler la mer Neptune, le blé Cérès, d'employer par abus le nom de Bicchus au lieu du terme propre qui désigne le jus de la vigne, je lui accorderai aussi de dire la mère des dieux, au lieu du globe de la terre, pourvu que ce globe n'en reste pas moins ce qu'il est.
Hic si quis mare Neptunum, Cereremque vocare Constituet fruges, et Bacchi nomine abuti Mavolt, quamlaticisproprium proferre vocamen, Concedamus ut hic terrarum dictitet orbem Esse deum matrem, dum vera re tamen ipse».
Plus d'un siècle avant Lucrèce, expliquant, comme on l'a vu, la divinité et le nom de Jupiter, de Cérès, de Proserpine, n'y voyant et n'y faisant voir que des personnifications de phénomènes sensibles, que des appellations ingénieusement significatives, Ennius commence véritablement