Cïc. De ^at. dcor T
2 P. xcui. Il s appuie (l'iiii |>assage de Coliimelle, De Re riifstic. IX, 1, où, par allusion probablement à la traduction en vers d'Ennius, se rencontre celte expres>ion : poeta Krhemcrus; il arfzumenle de certains vers qu'on a cru découvrir dans les extraits en prose de Lactance, pensant que cette prose, où la trace d'Ennii.s est évidente, pourrait bien provenir d'une transformation de l'ouvrage antérieure aux citations de l'écrivain chrétien.
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DeNalura deorum, dans son De Dlvinatione, des dieux du polythéisme et des présages qu'ils envoient, célèbre si magnihquement leur intervention protectrice et les signes qui Font annoncée, quand il s'agit de rendre compte au peuple dans un discours, ou de retracer dans un poëme apologétique les grands actes de son consulat. Bien avant Varron, et le pontife Scévola dont Varron répétait les paroles*, il y avait lieu de distinguer à Rome trois théologies : celle de la science, celle du théâtre et de la poésie, celle du gouvernement. Heureusement il y en avait une quatrième, oubliée dans cette énumération célèbre, celle qui montrait a quelques grands et nobles esprits, au delà des conventions du langage scientilique et de la littérature, au delà des superstitions utiles à la police de l'Etat, la pure nolion de la divinité et de la Providence. Telle élait, mal-ré quelqii-s incertitudes et quelques contradictions, la théologie dt? l'académicien Gicéron, ajoutons du pythagoricien Ennius.
On peut s'étonner qu Eunius s'iuspire à a. fois de deux philosophes aussi distants l'un de l'autre que Pythagore et Évhémèrc. Mais les Romains, en présence de tous les monuments de la littérature grecque, qui s'oilraient à eux tous ensemble, les confondaient dans cette imitation universelle j.ar laquelle ils improvisaient leur propre littérature.
Sans doute Tordre naturel et nécessaire qui amène à leur heure les difterents genres, et dans chacun leurs diflerentes formes, ne laissa pas de se reproduire au sein même de cette confusion. Pour ne parler que de la poésie didactique, Rome eut successivement, comme la Grèce, ses poèmes gnomiques, ses jjoëmes philosophiques, ses poëajes descriptifs. Toutefois l'imitation troubla souvent cet ordre par l'inlroduclion inattendue de certaines productions qu'il ne semblait pas appeler encore. G'est ainsi qu'Ennius, iuterprèle naturel de la poésie ^^nomique et de la poésie philosophique, s'est, par une sorte d'anticipation, exercé aussi dans cette autre sorte de composition didactique, qui ne se